Proche ou lointain

Proche ou lointain, l’océan ? Vu du rivage, deux points de vue s’opposent en effet.

Du premier, au pied des rochers ou sur la plage, les vagues forment une masse qui s’élève au-dessus du spectateur, prête à le submerger. Elles se succèdent à un rythme chaotique, s'étirent, grossissent, sont repoussées par les hauts-fonds, roulent sur elles-mêmes et se heurtent aux rochers en gerbes d’écume. Elles tracent de grands rubans qui pétillent en caressant le sable, et dont la mousse murmure comme un verre de bière. Dans les cavités, l'eau hachée, tourbillonnante, s'engouffre, martèle, mugit, enlace, bouillonne. Elle recouvre et découvre de beaux jardins d’algues bien peignées qui s’agitent soudain comme sous une tornade puis reprennent leur somnolence trompeuse.

Du second, la mer s'étale telle une lourde pièce de velours dont les plis lisses et doux ondoient lentement vers le rivage. L'onde vient du bout du monde, au-delà de toute terre, par vagues successives, parfois crénelées d'écume blanche, comme au ralenti. Du haut du cap de la Chèvre ou du Nez de Jobourg, au sommet d'un monastère des Cyclades, l'horizon se courbe. Le présent se fond dans le mouvement perpétuel. Infini de l'espace et du temps.

Quand je peins l’océan, ces deux visions cohabitent en moi. Il m’est impossible de trancher. C’est pourquoi les compositions de la série L’empreinte des vagues sont si diverses. Plutôt que de fusionner deux points de vues inconciliables, mieux vaut laisser chacun s’exprimer à sa pleine mesure. Que vous préfériez prendre de la hauteur ou vous faire asperger par les embruns, cliquez vite sur ce lien !

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Drôle de meuble