Addition ou soustraction ?
Addition ou soustraction ? Nous accumulons, tout au long de notre vie, des objets qui racontent les étapes successives de notre parcours, de notre histoire. Souvenirs rapportés de voyages, livres colonisant les rayons de la bibliothèque, albums de […]
Addition ou soustraction ? Nous accumulons, tout au long de notre vie, des objets qui racontent les étapes successives de notre parcours, de notre histoire. Souvenirs rapportés de voyages, livres colonisant les rayons de la bibliothèque, albums de photos, vêtements, bibelots chinés, exposés dans des vitrines, accrochés aux murs, trônant sur des étagères. Chaque élément est une brique qui s’ajoute aux autres briques, constituant année après année le « mausolée » de notre vie. Plus le temps passe, plus le mausolée grandit. Il nous rassure sur la réalité de notre existence.
Cependant, l’accumulation des objets finit par les rendre pesants. Ils envahissent l’espace. Comme autant de grigris, ils nous rendent dépendants de leur existence. La perte de l’un d’eux nous fragilise. Mais elle peut aussi nous faire prendre conscience de l’inutilité de cette accumulation en nous soulageant de cette lourde présence.
Quelle image voulons-nous donner de notre vie ? Est-il nécessaire de noter chaque étape ? Ne faut-il pas plutôt chercher à identifier la nature de notre élan vital ? Ainsi, au lieu de rassembler les faits comme dans un vieil agenda, n’est-il pas préférable de résumer ce que nous sommes en une simple équation ? Au lieu d’additionner, ne faut-il pas soustraire ? C’est en tout cas la voie que prend ma peinture. Plutôt que de capter tous les détails, saisir l’essence des choses. Ainsi la peinture chemine en parallèle à la vie, la rendant plus intelligible.
Certes, les œuvres s’accumulent au fil de leur exécution mais leur destin est de se disperser. Seule la dernière compte, qui doit se rapprocher de plus en plus de l’épure. Il en va de même pour les objets qu’il faut éliminer au fur et à mesure afin de ne conserver que ceux qui sont les plus représentatifs de ce que nous sommes. C’est une tâche ardue, souvent ingrate, qui est semblable à la pratique artistique. C’est celle du détachement, de la soustraction. Pour le vérifier, cliquez vite sur ce lien.
L’unique trait de pinceau
Connaissez-vous Les propos sur la peinture du moine Citrouille-amère ? J'ai découvert l'existence de son auteur, Shitao, ainsi que ses œuvres, en lisant les textes de François Cheng sur la peinture chinoise il y a quarante ans. J'étais fasciné par […]
Connaissez-vous Les propos sur la peinture du moine Citrouille-amère ? J'ai découvert l'existence de son auteur, Shitao, ainsi que ses œuvres, en lisant les textes de François Cheng sur la peinture chinoise il y a quarante ans. J'étais fasciné par la peinture chinoise depuis mon enfance. J'avais tenté maladroitement de reproduire certains paysages anciens. Vide et plein et Souffle-esprit m'ont dévoilé l'étendue et la profondeur des enjeux de la peinture à l'encre. Les monographies de Chu Ta et de Shitao par Cheng ont profondément influencé ma façon de travailler.
J'ai acheté les Propos, avec la traduction de Pierre Ryckmans, en 1996. Je les relis régulièrement mais j'ai toujours beaucoup de mal à comprendre. Cependant, depuis peu, je crois entrapercevoir, une analogie entre « l'unique trait de pinceau » de Shitao et la voie que ma peinture empreinte aujourd'hui.
Bien sûr, il serait idiot de comparer la démarche d'un artiste occidental du XXIe S à celle d'un artiste Chinois du 17e. Je ne travaille pas à l'encre et la couleur et la texture de l'acrylique n'ont pas grand chose en commun avec la peinture chinoise traditionnelle.
Cependant, je tente de plus en plus à tout représenter – paysage, personnage, objet – à travers un même geste ample et décidé, laissant sur la toile la trace du pinceau. Une traînée de nuages, les plissements d'une montagne, un chemin, une vague, un personnage, une maison, un arbre, sont saisis dans leur essence même, et cette essence est identique. Il s'agit d'exprimer l'unicité des éléments à l'aide d'une touche animée d'une même simplicité, d'un même souffle.
Arriver à saisir l'essence des choses en un unique trait de pinceau, est-ce ce que Shitao à voulu atteindre ? Qu’importe la réponse, c’est, quoiqu’il en soit, le but de ma démarche artistique. Cliquez vite sur le lien pour le vérifier.
Personnages dans le tableau
Pourquoi n’y a-t-il pas de personnages dans vos tableaux ? Telle est la question qu’une personne m’a posée récemment lors d’un débat public à l’occasion de mon exposition à la galerie Louis Gendre. Aux murs étaient accrochés des toiles de […]
Pourquoi n’y a-t-il pas de personnages dans vos tableaux ? Telle est la question qu’une personne m’a posée récemment lors d’un débat public à l’occasion de mon exposition à la galerie Louis Gendre. Aux murs étaient accrochés des toiles de ma dernière série, L’empreinte des vagues, tandis que dans d’autres salles se trouvaient des vues de montagnes de la série Sixt.
C’est une question pertinente. De fait, depuis 2015, date de mes premières Forêts, les personnages, qui étaient présents dans mes travaux précédents - Japon, 1001 Nuits, Nouveau Monde – ont disparu.
On pourrait penser que cette disparition va dans le sens d’un désir d’abstraction. Mes tableaux tendent vers l’épure. Les formes se simplifient, les détails se fondent dans les masses principales. Il est difficile de conserver le même niveau de simplification quand il s’agit représenter un être humain avec ses détails anatomiques – bras, jambes, visage avec les yeux, les oreilles, le nez, la bouche, etc.
Je n’ai pas abandonné les personnages pour autant. En parallèle de mes peintures, j’ai réalisé les Tokyo Kids. Cependant, c’est une série de dessins aux crayons de couleurs et non de peintures. Elle est bien différente des toiles que j’ai réalisées entre 2005 et 2010 sur le Japon. Dans les Tokyo Kids, l’accent est mis sur les regards et sur les mains, sur les relations entre les enfants et les adultes. Rendre cette complexité en peinture serait-elle insurmontable et contradictoire avec mon désir d’abstraction ? Je n’ai pas cherché à le savoir.
Certains grands peintres considérés comme abstraits – Tapies, De Staël – ont souvent placé l’humain au centre de leur démarche. Par ailleurs, Bonnard, peintre figuratif dissimulait les personnages – humains et animaux - dans le miroitement de ses compositions. Abstraction et figuration ne seraient donc pas deux démarches artistiques opposées.
En réalité, l’explication de l’absence de personnages dans mes tableaux se comprend mieux quand on les compare au Voyageur contemplant une mer de nuages de Friedrich. La mise en scène de la composition de l’artiste allemand influence la perception du spectateur dans le sens d’une vision romantique de la montagne. Par ailleurs, le personnage fait écran entre le paysage et le spectateur. Dans ma peinture, rien ne vient faire écran entre l’espace représenté – pas même ma signature – et celui qui le contemple. Il peut se projeter et donner libre cours à son imagination. Il y a bien un personnage dans mes tableaux, il est hors champs, c’est le spectateur lui-même ! Pour entrer dans mes tableaux, cliquez vite sur ce lien.
La Savonnerie
Soyons modeste ! Comparé aux 440 m de long sur 9 m de large du tapis monumental de Louis XIV exposé au Grand Palais et destiné à la Grande Galerie reliant autrefois le Louvre au Palais des Tuileries, mon tapis Jardin en Labyrinthe semble bien petit avec ses […]
Soyons modeste ! Comparé aux 440 m de long sur 9 m de large du tapis monumental de Louis XIV exposé au Grand Palais et destiné à la Grande Galerie reliant autrefois le Louvre au Palais des Tuileries, mon tapis Jardin en Labyrinthe semble bien petit avec ses 5,54 x 3,86 m.
Cependant, il provient bien de la même manufacture, celle de la Savonnerie à Paris, appartenant au Mobilier National et s’inscrit dans la tradition héritée de Colbert. Les gestes des liciers et des licières sont les mêmes qu’au 17e siècle et les métiers en bois gigantesques ressemblent comme deux gouttes d’eau à ceux d’autrefois.
Il a fallu 20 ans pour tisser les 92 tapis de la Grande Galerie. Il en faudra certainement 7 pour réaliser Jardin en Labyrinthe.
Voilà un peu plus d'un an que je n'ai pas donné de nouvelles du tapis (lire Labyrinthe – le temps suspendu) . Il est vrai que l'actualité a été dense et il était passé au second plan. Cependant, tels les rouages d'une horloge qui tournent sans discontinuer, marquant la mesure du temps, les doigts agiles ont poursuivi leur labeur.
L’équipe s’étant renforcée récemment, passant de 3 à 4 liciers, le temps a subi une légère accélération. En l'espace d'un an, deux nouvelles rangées ont été tissées. Il en reste 4 sur un total de 9. Profitons du temps qui reste pour admirer cet art en mouvement !
Retrouvez les billets précédents sur le tapis :
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Peindre à l’aquarelle
Réaliser une toile de grand format n'est pas une démarche de tout repos. C'est comme se lancer dans une ascension vertigineuse en montagne. Sans préparation, on risque l'accident ou l'abandon. L'esprit et la main doivent prendre la mesure du nouveau sujet, repérer les obstacles, anticiper les difficultés. Il faut aussi s'échauffer à la façon d'un […]
Réaliser une toile de grand format n'est pas une démarche de tout repos. C'est comme se lancer dans une ascension vertigineuse en montagne. Sans préparation, on risque l'accident ou l'abandon. L'esprit et la main doivent prendre la mesure du nouveau sujet, repérer les obstacles, anticiper les difficultés. Il faut aussi s'échauffer à la façon d'un sportif afin que le geste soit juste, ferme et souple. C'est pourquoi, surtout en début de série, je multiplie les travaux préparatoires.
Cela consiste à dessiner le motif plusieurs fois dans un cahier de croquis. Au fil des dessins, et par volonté artistique, la composition se simplifie, le tracé se raffermit et s'imprime dans la mémoire. Les couleurs s'éloignent de la réalité photographique du fait de la gamme limitée des teintes des crayons.
Après cette première prise de contact, je fais une sorte de répétition en réalisant une composition de petit format. Ce peut être une peinture à l'acrylique. Son avantage réside dans la recherche de la gamme chromatique qui, une fois établie, sera d'un grand secours pour la grande peinture. Mais elle présente un risque majeur, celui d'avoir tout dit. Un grand format n'est pas un agrandissement du petit, c'est une nouvelle aventure qui nécessite une part d'improvisation et de liberté. Face à la petite toile, je risque d'être tenté de reprendre les mêmes effets en plus grand , et de perdre ma spontanéité.
C'est pourquoi l'aquarelle est une bonne alternative. Cette technique étant très différente de l'acrylique, il n'y aura pas de tentation d'agrandissement et la spontanéité de la peinture en grand format sera préservée. Son spectre chromatique est aussi vaste et ses effets inattendus peuvent déboucher sur de nouvelles pistes picturales.
Peindre une aquarelle peut être aussi long qu'une peinture. Bien que le format soit réduit – je travaille en général sur des formats 12,5 x 16,5 cm -, du fait de la technique difficilement contrôlable, les ratages sont nombreux. S'il est facile de retoucher une peinture à l'acrylique, ce n'est pas le cas d'une aquarelle. Il m'arrive donc de faire 3 ou 4 versions successives de la même composition avant de trouver satisfaction. Le public, qui ne voit que la version définitive, ne se doute pas de tout ce qui est parti à la poubelle !
Avec l'aquarelle, impossible de refaire les mêmes effets. C'est ce qui rend ces œuvres uniques et magiques ! Si vous désirez voir les aquarelles de la série L'empreinte des vagues, contactez-moi vite par la messagerie.
Osechi (suite)
1 – Kohaku-Namazu : littéralement « légume rouge et blanc », cette salade composée de daikon – grand radis d'hiver japonais - et de carotte, marinés plusieurs jours dans du vinaigre de yuzu, porte bonheur – le blanc est le symbole de la […]
1 – Kohaku-Namazu : littéralement « légume rouge et blanc », cette salade composée de daikon – grand radis d'hiver japonais - et de carotte, marinés plusieurs jours dans du vinaigre de yuzu, porte bonheur – le blanc est le symbole de la pureté et le rouge celui du sacré et de la prospérité.
2 – Ebi : les crevettes sont rapidement ébouillantées avant d'être cuites dans du sake et de la sauce de soja. Avec leurs longues moustaches et leur dos courbé, elles évoquent des personnes âgées et sont symbole de longévité.
3 – Kuromame : c'est un plat de soja noir – kuro - japonais mijoté dans une sauce sucrée et salée. Mame – qui signifie « graine de légumineuse » - évoque vie meilleure, bon travail et sincérité.
4 – Kombu-maki : il s'agit d'un maki – rouleau – composé de hareng cuit sucré-salé enveloppé dans de l'algue kombu et symbolisant santé et longévité. L'algue Kombu est associée au mot yoroboku qui signifie « joie ».
5 - Nishiki tamago : roulade d’œuf. Le blanc et le jaune sont séparés avant cuisson, le jaune symbolisant l'or et le blanc l'argent.
6 – Kamaboko : le kamaboko est un gâteau de poisson grillé, dont l'alternance de tranches rouges et blanches évoque les couleurs du drapeau japonais.
7 – Kazunoko : surnommé le diamant jaune, ce sont des œufs de hareng marinés dans du dashi – bouillon à base d'algues, de bonite séchée et de champignons – consommés à la fin de l'année accompagnés du souhait de prospérité pour la famille.
8 – Ise-ebi : comme en France, la langouste est un plat traditionnel de fin d'année. Elle annonce un début d'année plein de richesses.
9 – Datemaki : il s'agit d'une omelette sucrée mélangée avec de la pâte de poisson et de crevettes. Elle est le symbole de jours fastes.
10 – Ikura donburi : ce plat est composé d'un bol de riz japonais – donburi – surmonté d’œufs de saumon – ikura – symbolisant la fertilité.
11 – Matsuba : plus connu sous le nom de « crabe des neiges », ses pattes évoquent les fines branches du pin - matsu – dont il tire son nom. C'est un plat de luxe qui se déguste en hiver
12 – Toshikoshi-soba : plat traditionnel de fin d'année, les nouilles au sarrasin – soba – par leur longueur symbolisent la longévité, et apportent à celui qui les déguste la force et la résilience de la plante dont elles sont faites.
13 - Kurikinton : châtaignes confites servies avec une pâte de patate douce qui leur donne une couleur dorée. Elles sont symbole de richesse et de prospérité.
14 – Tako : plus de 60 espèces de poulpes vivent sur les côtes du Japon. En sushi ou sashimi, en boulettes, grillé ou vinaigré, on ne compte plus les recettes de ce met apprécié, présent dans l'osechi. Il est symbole de persévérance et de résilience.
15 – Nishime : ce plat de fin d'année est un ensemble de légumes – racine de lotus, pousse de bambou, carotte, champignon, tofu - mijotés dans un bouillon dashi entièrement absorbé en fin de cuisson. Il symbolise santé et prospérité.
16 – Fukuwarai : c'est un jeu qui consiste à placer, les yeux bandés, les différentes parties d'un visage – nez, yeux, bouches, etc. - sur le dessin représentant un portrait vide d'okame ou d'hyottoko. Okame et Hyottoko sont des masques populaires porte-bonheur de personnages féminin et masculin grotesques. Un placement juste est synonyme de chance tandis qu'un placement de travers faire rire les spectateurs.
17 – Namahage : la visite des Namahage – jeunes hommes portant un costume de démon – le dernier jour de l'année est considérée, malgré leur aspect effrayant, comme une bénédiction. Ils agissent à la façon d'un père fouettard.
18 – Matsu : le pin au feuillage vert toute l'année symbolise la longévité, la constance et la sagesse. Au Nouvel An, les portes des maison sont décorées avec des pins pour s'attirer la prospérité.
19 – Kaki no ki : ou arbre du kaki – connu sous le nom de plaqueminier – est le symbole de la force. En automne, ses fruits restent accrochés aux branches après la chute des feuilles.
20 - Momiji : ce mot désigne les feuilles d'érable teintées en rouge à l'automne au Japon. Comme sakura – la floraison des cerisiers au printemps - la saison des érables rouges est un temps fort au Japon et rappelle l'aspect éphémère de la vie.
21 – Namagashi kantsubaki : cette pâtisserie traditionnelle japonaise constituée de pâte de haricot azuki blanc et de sucre de canne - namagashi – prend la forme du camélia – kantsubaki – qui fleurit en hiver et symbolise cette saison.
22 - Kagami mochi : ce gâteau miroir – traduction littérale – est formé par deux boules à base de pâte de riz gluant surmontées du daidai, une orange amère, symbolisant le passage d'une année à l'autre.
23 – Kurisumasu keki : c'est le gâteau de Noël japonais, une génoise légère garni de fraises et de crème fouettée, précédé en général d'un seau de poulet fris de l'enseigne Kentucky Fried Chicken.
24 – Kimono : à l'occasion des fêtes de fin d'année, les filles peuvent revêtir de somptueux kimono aux motifs traditionnels de saison.
25 – Rilakkuma : Rilakkuma est un personnage Kawaii – mignon – de l'univers japonais, contraction de relax et de kuma qui signifie ours. Rilakkuma fête aussi Noël à sa façon !
26 – Hamaya : ce petit garçon vêtu d'un costume traditionnel porte dans son sac une hamaya – flèche tueuse de démon – qu'on offre aux enfants de sexe masculin à l'occasion du Nouvel An.
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Osechi
Le projet Osechi propose une plongée, ludique, gustative et poétique, dans l'imaginaire japonais de la fin de l'année. Bien que Noël ne soit pas une fête japonaise, les Japonais la fêtent à […]
Le projet Osechi propose une plongée, ludique, gustative et poétique, dans l'imaginaire japonais de la fin de l'année.
Bien que Noël ne soit pas une fête japonaise, les Japonais la fêtent à leur façon. Mais le mois de décembre est surtout le mois qui précède la célébration de la fin de l'année. Au Japon, celle-ci a été fixée le 1er janvier selon le calendrier grégorien en 1873. Elle avait lieu autrefois au printemps.
Lors des fêtes du Nouvel An, on consomme l'osechi qui est un ensemble de mets traditionnels – grillés, marinés ou mijotés, provenant de la mer ou de la montagne – présentés dans des bento – boîte cloisonnée présentant plusieurs plats. Chacun a une valeur symbolique et bénéfique pour la santé.
Il faut une vingtaine de jours pour préparer à l'avance l'ensemble de ces plats, d'autant qu'il est interdit de cuisiner les trois premiers jours de l'année.
Le projet Osechi propose de dévoiler chaque jour un nouveau met, succulent et surprenant à la fois, en intercalant parfois une image insolite évoquant la fin de l'année au Japon à travers ses coutumes, ses jeux, ses superstitions.
Espérons que les cases de ce calendrier feront se lécher les babines aux nombreux passants. Mais au delà de la gourmandise, elles forment surtout des vœux de bonheur, de santé et de prospérité adressés à l'ensemble des visiteurs pour l'année à venir. Qu'ils soient exaucés ! Pour découvrir les peintures de l’Osechi, cliquez vite sur ce lien !
Pour accéder à la suite du texte et obtenir plus d’informations sur le sens des images d’Osechi, cliquez sur ce lien.
La Mer des arbres
Son approche de la nature évoque la démarche singulière de Gustav Mahler qui composait sa musique au cœur de la forêt, notant dans des carnets ses impressions et les sons qu’il entendait au cours de […]
Je serai heureux de vous accueillir à l'occasion du vernissage de mon exposition La mer des arbres à l'Orangerie de Sucy-en-Brie le vendredi 7 novembre 2025. Exposition du 1er au 30 novembre 2025. Elle comprend 24 toiles de la série Forêts dont plusieurs compositions qui n'ont jamais été présentée au public.
Son titre est la traduction du mot japonais Jukai et évoque la forêt ancienne, la forêt perdue où l'on se perd et où se cachent les esprits dont notre esprit se nourrit.
« Son approche de la nature évoque la démarche singulière de Gustav Mahler qui composait sa musique au cœur de la forêt, notant dans des carnets ses impressions et les sons qu’il entendait au cours de ses promenades. Il rentrait ensuite écrire sa musique dans la petite cabane qu’il s’était fait construire au milieu des sapins. […] Les tableaux d’Olivier Morel ne sont ni photographiques ni anecdotiques. Les contempler permet de se reconnecter à la nature comme à un élément essentiel de la vie. » - Isabelle Cahn, extraits du catalogue de l'exposition.
Pour découvrir quelques-unes des Forêts de l'exposition, cliquez sur ce lien.
L’empreinte des vagues
Le titre de la série L’empreinte des vagues est inspiré d'une expression japonaise nami-nokori – littéralement reste des vagues - qui désigne la trace des vagues sur le sable ainsi que ce que la mer y dépose – algues, coquillages, etc. (Nagori, Ryoko Sekiguchi, P.O.L. 2018). Je l'emploie dans une acception plus large qui est […]
L'empreinte des vagues est le titre de ma nouvelle série de peintures. C'est aussi le nom de mon exposition à la galerie Louis Gendre & Ko qui ouvrira du 8 novembre 2025 au 10 janvier 2026.
J'ai débuté L'empreinte des vagues en janvier 2025 comme un prolongement de ma série de toiles de montagnes, Sixt, avec plusieurs compositions inspirées par le Cotentin et la Bretagne – Plougasnou, les Abers. Très vite, s'est imposée la nécessité de retourner à Ploumanac'h dont j'avais gardé en mémoire les magnifiques structures granitiques, découvertes il y a 35 ans, sans jamais oser les aborder en peinture.
Le titre de la série L’empreinte des vagues est inspiré d'une expression japonaise nami-nokori – littéralement reste des vagues - qui désigne la trace des vagues sur le sable ainsi que ce que la mer y dépose – algues, coquillages, etc. (Nagori, Ryoko Sekiguchi, P.O.L. 2018). Je l'emploie dans une acception plus large qui est l'empreinte des vagues dans la roche, après que l'eau l'a modelée au fil des millénaires, formant une sculpture en creux de l'océan.
La Haute-Savoie et la Bretagne partagent les mêmes massifs de granit, traces de l'ancienne chaîne hercynienne dont la formation remonte à 300 millions d'années. Le soulèvement des uns, l'érosion des autres ont sculpté les montagnes et le littoral.
Au delà de la beauté majestueuse des paysages, c'est la puissance des forces telluriques et le vertige du temps qui me saisissent et que je veux évoquer dans mon travail. Ils ont modelé la matière en une roche dure, scintillante et colorée, elle-même creusée par la pluie, les vagues et le vent.
Suivant le cheminement de l'eau qui descend des hauteurs pour se diluer dans l'océan, je vais par les monts et par les grèves – à la façon de Flaubert – retrouver l'émerveillement intact dont la source remonte bien avant mon enfance. Ne sommes-nous pas des poussières d'étoile ?
Pour découvrir les toiles de la série L'empreinte des vagues, cliquez vite sur ce lien.
Forêt ou montagne ?
Forêt ou montagne ? On imagine l'une plate et l'autre pentue. A la première, les adeptes d'une marche douce sous le couvert des frondaisons, les rencontres insolites d'animaux sauvages au détour d'un chemin, l'alternance d' […]
Forêt ou montagne ? On imagine l'une plate et l'autre pentue. A la première, les adeptes d'une marche douce sous le couvert des frondaisons, les rencontres insolites d'animaux sauvages au détour d'un chemin, l'alternance d'ombre et de lumière distribuée par le pinceau lumineux tombé du ciel végétal. A la seconde, les durs de la semelle et des bâtons, les montées raides et haletantes, la crapahute dans les caillasses, les échappées vertigineuses et les visions monumentales.
En altitude, le végétal précède le minéral. Prélude à l’ascension d'un massif, plongée dans l'ombre du matin, la forêt habille des pentes aussi raides qu'au sommet puis dévoile soudain la roche nue, éblouissante de lumière. Pour moi, forêt et montagne sont indissociables. Portant les traces du temps, elles reflètent la puissance du cosmos, des forces telluriques, du mouvement qui anime toute chose et qui nous anime aussi.
Forêts et montagnes. Caroline Bissière et Jean-Paul Blanchet ont sélectionné des œuvres des deux séries pour mon exposition à l'Abbaye, Centre d'Art Contemporain de Meymac. Une vingtaine de petits et de grands formats y seront présentées du 19 octobre 2025 au 11 janvier 2026.
Je serai présent le 18 octobre 2025 à l'occasion du vernissage et heureux de vous accueillir. Cette exposition précède mon projet Osechi réalisée dans le cadre du Calendrier de l'Avent et qui sera installé sur les fenêtres de l'Abbaye à partir du 1er décembre.
En attendant, découvrez mes œuvres en ligne en cliquant sur ce lien !
Voyages
Aujourd'hui, le voyage est une activité répandue, presque banale. Les foules du monde entier se déplacent à longueur d'année d'un point à l'autre du globe. Ce n'était pas le cas au début des années 70. Tandis que mes camarades d'école restaient en France pendant les vacances scolaires, je sillonnais la Scandinavie, l'Afrique du […]
Aujourd'hui, le voyage est une activité répandue, presque banale. Les foules du monde entier se déplacent à longueur d'année d'un point à l'autre du globe. Ce n'était pas le cas au début des années 70. Tandis que mes camarades d'école restaient en France pendant les vacances scolaires, je sillonnais la Scandinavie, l'Afrique du Nord ou l'Amérique avec mes parents.
Bien sûr, ces expéditions n'avaient rien en commun avec celles de grands voyageurs tels que Blaise Cendrars, Ella Maillart ou Alexandra David-Neel.
Cependant, de 5 ans à 16 ans, j'ai visité successivement, et dans le désordre, la Belgique, les Pays-Bas, l'Allemagne, le Danemark, la Suède, la Norvège, la Finlande, l'Islande, la Grande-Bretagne, l'Irlande, la Roumanie, la Turquie, l'Espagne, la Tunisie, le Maroc, le Niger, les États-Unis, le Canada. J'aurais pu poursuivre l'exploration du monde si je n'avais pas décidé, à 17 ans, de ne plus accompagner mes parents et mon frère dans leurs périples.
Je ne suis pas certain d'avoir retenu grand chose de certaines destinations visitées sous la contrainte parentale, mais ces nombreux déplacements ont accompagné mon émancipation et m'ont ouvert l'esprit.
J'ai découvert bien d'autres pays depuis. Ainsi que l'écrit Nicolas Bouvier « On croit qu'on va faire un voyage mais bientôt c'est le voyage qui vous fait ou vous défait. » (L'usage du monde). Force est de constater que ces voyages de la maturité ont modifié ma vision du monde et ont durablement influencé mon travail artistique.
Si certains pays comme la Grèce, l'Italie ou l'Espagne, continuent de me hanter après mon retour sans que j'aie pu, jusqu'à présent, transposer ces expériences, en revanche l'Inde, la Chine et les États-Unis ont donné lieu à des séries d’œuvres importantes, chacune venant bousculer la précédente. Quant au Japon, son influence va bien au-delà des sujets représentés, et il continue d'irriguer ma création en surface et de façon souterraine. Cliquez vite sur ce lien pour en juger.
Inné ou acquis ?
Quelles est la part d'inné et la part d'acquis dans la démarche d'un artiste ? J'ai réalisé mes premières peintures de forêts dès 1991, quand j'étais encore étudiant aux Beaux-Arts de Paris. C'est dire si ce thème – ainsi que celui de l'arbre – occupe une place importante et récurrente dans mon œuvre. La famille de mon grand-père paternel – dont le patronyme est […]
Quelles est la part d'inné et la part d'acquis dans la démarche d'un artiste ? J'ai réalisé mes premières peintures de forêts dès 1991, quand j'étais encore étudiant aux Beaux-Arts de Paris. C'est dire si ce thème – ainsi que celui de l'arbre – occupe une place importante et récurrente dans mon œuvre.
La famille de mon grand-père paternel – dont le patronyme est Pommier - est originaire du Loiret. Elle s'est installée dans le village de Boiscommun au début du XXe S, à proximité de la forêt d'Orléans, que j'ai arpentée dès mon plus jeune âge. Mon prénom - Olivier - est aussi associé au thème de l'arbre. On peut donc admettre que mes forêts plongent leurs racines dans mon enfance et certainement dans un passé plus ancien.
Il est possible aussi que l'inspiration de mes montagnes – Leukerbad et Sixt – vienne de ma grand-mère paternelle. La famille de son père, Charles - qui est mon 3e prénom - était installée à Gérardmer dans les Vosges depuis des siècles. J'y ai passé de nombreuses vacances d'hiver jusqu'à l'âge de 20 ans.
Alors que je viens de débuter une nouvelle série, L'empreinte des vagues, sur des paysages de bord de mer, j'ai découvert qu'une autre partie de ma famille était originaire de Sassetot-le-Mauconduit en Normandie sur plusieurs générations. On pourrait donc conclure que mes sujets subissent une sorte d'influence héréditaire.
Cependant, le titre que j'ai donné à cette série provient d'une expression japonaise, Nagori, qui désigne la trace des vagues sur le sable de la plage. Le Japon reste une source d'inspiration très importante pour moi, par ses sujets mais aussi par son esthétique. Or, à ma connaissance, je n'ai aucun ascendant Japonais et n'ai découvert le Japon qu'à l'âge adulte.
Par ailleurs, les montagnes, les forêts et les bords de mer que je représente sont directement liés à mon exploration de ces territoires. Mes œuvres se nourrissent de l'expérience de mes déplacements, voyages ou randonnées. Ma démarche artistique est donc en perpétuelle construction et, s'il est probable qu'elle ait un socle héréditaire, je la transcende pour développer une création originale et personnelle. Sans l'acquis, l'inné aurait peu de poids ! Pour en savoir davantage sur ma nouvelle série, n'hésitez pas à me contacter par le formulaire.
Le lac des Chambres
Connaissez-vous le lac des Chambres ? A chaque fois que j'évoque ce beau nom, j'imagine des pièces lumineuses faites de parois de verre, suspendues dans les hauteurs silencieuses. Mais que d'efforts pour l'atteindre ! On y accède au […]
Connaissez-vous le lac des Chambres ? A chaque fois que j'évoque ce beau nom, j'imagine des pièces lumineuses faites de parois de verre, suspendues dans les hauteurs silencieuses. Mais que d'efforts pour l'atteindre !
On y accède au terme d'une marche assez rude de plus de 3 heures et demi. A partir du Pied du Crêt, la montée débute, au petit matin, par la traversée d'une forêt de grands hêtres aux troncs moussus, enveloppée du voile bleu de l'ombre épaisse, fraîche et silencieuse. Les racines enlacent de gigantesques rochers, témoins d'effondrements antérieurs à l'apparition des arbres. Elle m'évoque le mont Koya.
Après une passerelle jetée sur un torrent asséché, ornée de fanions tibétains, le chemin se fait plus raide encore, adossé à une paroi minérale, bordé de jeunes hêtres. Parfois une coulée de neige ou de pierres a taillé une saignée verticale, fauchant les troncs ainsi qu'une boule dans un jeu de quilles.
Au détour d'une barrière, le soleil apparaît. C'est bientôt le refuge du Folly - encore un joli nom - le temps de boire un jus de myrtille. Puis la montée continue, toujours plus raide, parsemée d'aulnes et de pins tortueux. De part et d'autre, les chaînes de montagnes, mâchoires de chien aux babines retroussées, exhibent leurs crocs aigus. On gravit une colline de lapiaz réduit en caillasse qui roule sous les pieds, menaçant de vous renvoyer vers le bas. Après un névé, une pente herbeuse d'un vert acide, courbe comme l'échine d'un ours, semble monter sans fin vers le soleil, masquant l'horizon.
Et soudain, le lac des Chambres est là, enchâssé dans une couronne de roches d'un gris rose. La glace, qui le recouvre en partie, saupoudrée de sucre rose, flotte en strates épaisses ou fines, déclinant les eaux du turquoise à l'indigo qui reflètent les neiges éternelles. Silence entrelacé d'un ruissellement. Le vol immobile d'un grand oiseau fait vaciller les crêtes. Cliquez vite sur ce lien pour accéder à l'un des derniers lac des Chambres disponibles !
Déjeuner sur l’herbe
Déjeuner sur l'herbe est une toile qui fait partie de la série 1001 Nuits. Elle a été peinte à la suite de mon deuxième voyage en Inde dans le Tamil Nadu en 2012. Son titre est un hommage au tableau de Manet qui est un de mes peintres préférés. Lors de ce voyage, j'avais exprimé à notre chauffeur mon désir de […]
Déjeuner sur l'herbe est une toile qui fait partie de la série 1001 Nuits. Elle a été peinte à la suite de mon deuxième voyage en Inde dans le Tamil Nadu en 2012. Son titre est un hommage au tableau de Manet qui est un de mes peintres préférés.
Lors de ce voyage, j'avais exprimé à notre chauffeur mon désir de ne pas visiter que des lieux touristiques mais d'assister à des scènes de la vie quotidienne. En chemin vers Pondichery, il avait garé la voiture en face d'un bassin et nous avait entraînés dans un bois très dense. Après quelques minutes de marche, des autels sous la forme d'anciens nids de serpents ou de statues sont apparus entre les arbres. Des centaines de personnes déposaient des offrandes et priaient. Certaines plaçaient des marmites sur des feux et installaient des bâches pour préparer le repas. Beaucoup revenaient d'un temple plus loin, hommes, femmes, enfants, la tête rasée, enduite de curcuma après avoir offert leurs cheveux.
J’étais fasciné. J'avais l'impression d'être le spectateur de rites très anciens, cachés au fond de la forêt, réduits à ces foyers primitifs.
Toutes les compositions de la série 1001 nuits ont été peintes sur un fond brossé – la plupart du temps ocre jaune - qui crée cette atmosphère propre à l'Inde d'air saturé de poussière et de lumière ambrée. Dans le Déjeuner sur l'herbe, j'ai choisi comme couleur de fond la teinte bleue de la bâche qui accentue la fraîcheur de la pénombre.
A l'occasion de mon exposition 1001 Nuits à l'Orangerie de Cachan en 2014, j'ai voulu prolonger l'espace de la forêt de part et d'autre de la toile. Ne trouvant pas de photos de forêt indienne dans mes archives, j'ai cherché, dans la forêt de Montfort en Normandie, un lieu ayant les mêmes caractéristiques : sinuosité des branches, entrelacs des troncs, densité du feuillage. J'ai cadré en direction du sol selon le même angle que dans le Déjeuner sur l'herbe. Afin de renforcer le lien chromatique entre les toiles, j'ai brossé un fond de la même couleur que la bâche. C'est ainsi que sont nées les deux premières toiles de ma série Forêts.
Finalement, le triptyque constitué de Forêt 1 et Forêt 2 et de Déjeuner sur l'herbe ne fonctionnait pas. J'ai peint une toile plus petite représentant un foyer surmonté d'un récipient en métal qui s'est substituée à celle-ci, constituant symboliquement le foyer primitif, tandis que Déjeuner sur l'herbe était accrochée à proximité. Pour découvrir la toile en entier cliquez sur ce lien.
Sixt
Que signifie Sixt ? Sixt est le titre de ma série de toiles de montagnes. Il provient tout simplement de Sixt-Fer-à-Cheval, nom du village en Haute-Savoie où je retourne chaque été depuis plusieurs années. C'est aussi le principal […]
Que signifie Sixt ? Sixt est le titre de ma série de toiles de montagnes. Il provient tout simplement de Sixt-Fer-à-Cheval, nom du village en Haute-Savoie où je retourne chaque été depuis plusieurs années. C'est aussi le principal point de départ de mes randonnées. A partir de ce mouchoir de poche, on peut atteindre le Bout du Monde, le lac d'Anterne, la pointe de Sales, le Dérochoir ou le cirque des Fonts, tant de sites qui m'ont inspiré.
Par simplification, j'ai attribué à chaque toile de la série le titre Sixt suivi d'un numéro, par ordre chronologique de réalisation. En réalité, le domaine géographique parcouru s'étend largement au-delà du périmètre de Sixt-Fer-à-Cheval, voire de la vallée du Haut-Giffre.
Ainsi, le lac des Chambres, la dent de Verreu s'atteignent à partir des hauteurs de Samoëns, la Bourgeoise par le col de Joux-Plane, sans parler du lac Vert, des Grandes Platières, des Dents blanches ou du plateau de Cenise, voire du lac d'Annecy !
Si les paysages peints ne sont pas identifiés par leur titre, c'est pour que chaque spectateur puisse se projeter sans que sa perception soit perturbée par l'attribution précise d'un lieu. Souvent, chacun croit reconnaître les montagnes qui lui sont familières. Les toiles, bien que peintes à partir d'endroits réels – et témoignant de caractéristiques très marquées, sans quoi elles seraient toutes semblables - représentent, au-delà de leurs spécificités, une sorte de montagne universelle.
Cependant, si vous connaissez un peu cette région, vous pouvez vous amuser à localiser les tableaux. Je vous ai déjà donné quelques pistes ci-dessus. Cliquez vite sur ce lien pour retrouver les toiles correspondantes !
L’essence des choses
Atteindre l'épure est une démarche complexe. C'est l'intuition – associée aux sens - qui oriente vers un motif spécifique et arrête l'attention. Ici, quelque chose d'important est présent qu'il faut saisir. A partir du motif, il s'agit de distinguer […]
Soustraction ou addition ? Ma peinture opère par soustraction. Il s'agit d'aller vers l'épure en éliminant ce qui est superflu pour atteindre l'essence des choses. Celle-ci se dissimule sous les apparences. « Mais qu’un bruit, qu’une odeur, déjà entendu ou respirée jadis, le soient de nouveau, à la fois dans le présent et dans le passé, réels sans être actuels, idéaux sans être abstraits, aussitôt l’essence permanente et habituellement cachée des choses se trouve libérée, et notre vrai moi […] s’éveille, s’anime en recevant la céleste nourriture qui lui est apportée. » - Marcel Proust, Le temps retrouvé.
Atteindre l'épure est une démarche complexe. C'est l'intuition – associée aux sens - qui oriente vers un motif spécifique et arrête l'attention. Ici, quelque chose d'important est présent qu'il faut saisir. A partir du motif, il s'agit de distinguer les éléments fondamentaux des accessoires.
La synthétisation opère sur la texture des matières : le sable n'est pas représenté grain par grain mais comme une étendue aux teintes modulées. Le feuillage d'un arbre n'est pas peint feuille à feuille mais dans son élan vital, dans sa structure. Il faut fondre les détails afin de retrouver l'énergie interne de chaque objet, qu'il s'agisse d'une montagne ou d'une chaussure.
Les arrière-plans subissent une atténuation et une simplification consécutive à l'éloignement. Un objet dans les lointains ne peut être aussi précis qu'au premier plan.
Enfin, des éléments peuvent être soustraits - maisons, personnages, arbres - dont la présence risquerait de déséquilibrer la composition ou de détourner le regard de l'essentiel. Il m'arrive de les supprimer à chaud quand je peins mais aussi en retouchant la photographie.
La peinture alors peut tendre vers l'essence des choses, modifiant notre perception du temps. « Une minute affranchie de l’ordre du temps a recréé en nous pour la sentir l’homme affranchi de l’ordre du temps. Et celui-là, on comprend qu’il soit confiant dans sa joie, même si le simple goût d’une madeleine ne semble pas contenir logiquement les raisons de cette joie, on comprend que le mot de « mort » n’ait pas de sens pour lui ; situé hors du temps, que pourrait-il craindre de l’avenir ? »
Si vous désirez vous aussi goûter à l'essence des choses, cliquez vite sur ce lien.
Sur le motif
Travailler sur le motif est-il plus facile ou plus difficile que travailler d'après photo ? En réalité, la question ne se pose pas dans ces termes. Les différences sont plutôt d'ordres méthodologique, temporel et spatial […]
Travailler sur le motif est-il plus facile ou plus difficile que travailler d'après photo ? En réalité, la question ne se pose pas dans ces termes. Les différences sont plutôt d'ordres méthodologique, temporel et spatial.
Je n'ai pas fait d'école préparatoire pour entrer aux Beaux-Arts de Paris. En parallèle de ma troisième année d'école d'ingénieur, j'ai suivi un cours de nu dans l'atelier de Lydie Arickx. Puis, j'ai profité d'une année sabbatique pour me consacrer exclusivement à la pratique artistique. En plus de trois cours hebdomadaires chez Lydie – elle ne m'en faisait payer qu'un seul -, je passais mes journées à dessiner les gens dans les cafés et les gares. A la campagne, je partais plusieurs heures en forêt peindre des aquarelles, et le soir des feux de cheminée.
En entrant aux Beaux-Arts, quand j'ai débuté la peinture, je me suis rendu compte que la temporalité n'était pas la même que celle du dessin. A celui-ci la rapidité, la saisie de l'instant. A celle-là, le temps de la réflexion, la construction, le grand format.
Peindre d'après un dessin s'est avéré complexe car j'avais l'impression de le reproduire. Il fallait que je revienne au motif. Mais difficile de convoquer la forêt ou le feu dans l'atelier ! C'est pourquoi je me suis tourné vers la photo.
Le dessin sur le motif est devenu une pratique d'observation, d'appréhension du réel, déconnectée de ma peinture. Depuis quelque temps, quand je marche en montagne, j'emporte ma tablette graphique, ce qui m'évite de me charger de matériel. Trouver un bon siège est assez aléatoire. Ce qui me frappe, quand je dessine en extérieur, c'est la grandeur de l'espace et l'aspect mouvant du cadre. Les yeux se déplacent sans cesse du carnet au paysage et peinent à définir les limites de la composition.
Le vent agite les frondaisons, les nuages défilent, le soleil poursuit sa course, modifiant imperceptiblement les ombres et le relief, la fatigue s'installe mais il faut aller jusqu'au bout car, demain, la lumière sera différente. Tout bouge. Le dessin final est spontané. Il saisit l'instant mais ne permet pas de prendre des décisions radicales. L'important est surtout d'avoir pris du plaisir à dessiner en plein air. Et nul doute que cette expérience sensorielle rejaillira sous une autre forme dans les peintures ! Cliquez sur ce lien pour accéder aux toiles de montagnes.
Exposition Être forêt, Être montagne
Dans une lettre citée dans ses Propos sur l'art, Henri Matisse écrit « […] je me suis rapproché de la matière des choses. Pour cela, j'ai peint des huîtres. Là mon cher, des sensations gustatives sont nécessaires. » Ainsi, pour peindre un motif, il faudrait au préalable en connaître le goût. Or comment connaître le goût d'une huître sinon en […]
Dans une lettre citée dans ses Propos sur l'art, Henri Matisse écrit « […] je me suis rapproché de la matière des choses. Pour cela, j'ai peint des huîtres. Là mon cher, des sensations gustatives sont nécessaires. »
Ainsi, pour peindre un motif, il faudrait au préalable en connaître le goût. Or comment connaître le goût d'une huître sinon en la dégustant ? Il devrait en être de même pour tout autre motif. Mais comment manger la forêt, dévorer la montagne ? Peut-être faut-il envisager l'acte de manger comme une expérience de la connaissance de l'autre. Manger pour connaître l'autre de l'intérieur, pour être l'autre.
« Se demander ce que ce serait […] d'être plante, d'être cratère, d'être vent... En toute chose donc percevoir sa pensée, son évasion, son élongation, son envoi, son implication. » (Marielle Macé, Le parlement élargi)
Pour moi, peindre signifie "être le motif", ne faire qu'un avec lui afin de restituer ce qui le constitue, son énergie interne, sa structure, sa nature. Être forêt, être montagne, c'est sentir en soi la puissance des arbres et des roches, la circulation de la sève, la sédimentation, le déploiement des feuilles, le roulement des eaux, l'obduction des plaques tectoniques.
Cette expérience rapproche la pratique de la peinture de celle du zen décrite par Taisen Deshimaru : « Si nous regardons une montagne, par exemple, nous pouvons, bien sûr, la considérer sous un angle objectif, l'analyser scientifiquement, la faire entrer dans la catégorie du discours. Mais dans le Zen, on devient la montagne. […] Devenir la montagne, la fleur, l'eau, le nuage... » (La pratique du Zen).
« Penser » est une activité intellectuelle tandis qu'« être » implique une expérience réelle, physique. C'est à vivre cette expérience d'« être » forêt, d'« être » montagne que vous convie ma prochaine exposition au Pavillon des Arts de Châtenay-Malabry
Être forêt, être montagne – exposition solo au Pavillon des Arts de Châtenay-Malabry du 4 février au 1er mars 2025
Vernissage le vendredi 7 février à 19h
Pavillon des Arts et du Patrimoine
98 rue Jean Longuet, Châtenay-Malabry
Lointains
L'air est-il bleu ? Léonard de Vinci, dans son Traité de la peinture nous indique que l'air « prend fort facilement les qualités des choses qui se trouvent autour de lui, et il paraîtra d’azur d’autant plus beau, qu’il aura derrière lui des ténèbres plus épaisses, pourvu qu’il y ait une distance convenable, et qu’il ne soit pas trop humide [...] ». Pour une fois, il manque au maître de la Renaissance […]
L'air est-il bleu ? Léonard de Vinci, dans son Traité de la peinture nous indique que l'air « prend fort facilement les qualités des choses qui se trouvent autour de lui, et il paraîtra d’azur d’autant plus beau, qu’il aura derrière lui des ténèbres plus épaisses, pourvu qu’il y ait une distance convenable, et qu’il ne soit pas trop humide [...] ».
Pour une fois, il manque au maître de la Renaissance, dont les démonstrations s'appuient sur une observation scrupuleuse et une grande rigueur scientifique, une connaissance plus récente du rayonnement lumineux. On sait en effet aujourd'hui que ce sont les particules de l'atmosphère qui diffusent majoritairement les ondes courtes du spectre solaire, c'est-à-dire le bleu.
Cependant, la science ne vient pas contredire son invention de la perspective aérienne. « Il y a une espèce de perspective, qu’on nomme aérienne, qui par les divers degrés des teintes de l’air, peut faire connaître la différence des éloignements de divers objets […] les choses les plus éloignées paraissent azurées, à cause de la grande quantité d’air qui est entre l’œil et l’objet ; cela se remarque surtout aux montagnes. »
Je constate combien les observations de Léonard de Vinci se vérifient en montagne. Bien que n'ayant lu son Traité que très récemment – et n'ayant donc pas été influencé par lui ni désireux de mettre sa leçon en pratique – j'applique avec constance l'effacement progressif des lointains ainsi que l'ajout proportionné de fines couches d'azur aux plans successifs. Ceci est particulièrement vrai pour Sixt 93. Sa réalisation m'a donné beaucoup de fil à retordre, m'obligeant à passer de nombreux glacis bleutés pour rendre la profondeur de l'espace tout en cherchant l'épure.
Léonard de Vinci nous apprend aussi qu'« une chose obscure paraîtra d’autant plus claire, qu’elle sera plus loin de l’œil » et qu'« […] en s’éloignant de plus en plus d’un objet, l’impression que font ces parties s’affaiblit tellement, qu’on ne les distingue plus, et que l’objet tout entier disparaît. La couleur même s’efface aussi par la densité de l’air qui se rencontre entre l’œil et l’objet que l’on voit. ».
J'aime suggérer ces lointains vaporeux et imprécis en larges traces de couleurs délavées, mauves, roses ou céladon dont la trace du pinceau fluide marque les sillons. La touche doit cependant rester ferme afin de préserver l'unité avec les premiers plans qui seront plus contrastés. Pour vous promener dans les lointains, cliquez vite sur ce lien.
Labyrinthe – le temps suspendu
Êtes-vous fatigué du rythme effréné de notre époque ? Désirez-vous ralentir le temps ? Pour cela, il suffit de faire une visite à la manufacture de la Savonnerie à Paris […]
Êtes-vous fatigué du rythme effréné de notre époque ? Désirez-vous ralentir le temps ? Pour cela, il suffit de faire une visite à la manufacture de la Savonnerie à Paris.
Dos aux immenses verrières du bâtiment de Philippe Dubois, dans le recueillement et la concentration, licières et liciers nouent, tondent, rangent, tracent, selon une tradition transmise depuis plusieurs siècles. Ils ont été formés par le Mobilier National pendant quatre ans pour acquérir et préserver ce savoir-faire unique et précieux.
J'ai la chance de pouvoir m'y rendre quand je le souhaite. Mon tapis, Jardin en labyrinthe, est en cours de tissage. Aussi, j'y retourne souvent pour suivre les différentes étapes du processus afin d'en percer les secrets, et pour me baigner dans cette atmosphère hors du temps, chaleureuse et accueillante.
Trois années se sont déjà écoulées depuis le début du tissage en novembre 2021. Les points s'ajoutent aux points, les rangées aux rangées. Les tâches sont exigeantes, dures parfois, fatigantes souvent, reconquièrent habileté et attention. Les licières et les liciers se relaient, permutent, partent puis reviennent, trois cheffes de pièce se sont succédées, mais le souffle qui anime le tapis reste constant. La sève continue d'irriguer les iris et les roses que la pointe des ciseaux patients peignent comme le vent un champ de fleurs.
Est-ce la disposition du labyrinthe – inspirée du mandala Kongokai – qui les invite à la méditation ou bien, au contraire, les gestes savants et précis qui, à force d'être répétés, insufflent au tapis - dont le velours chatoyant sera la porte d'entrée - cette profondeur méditative ? Chaque brin de laine enclot en son point noué les volontés, les gestes, les pensées de chacun. Ainsi le tapis se nourrit autant de l'esprit de ceux qui le tissent que du lin et de la laine, il échappe à son créateur.
Si vous désirez en savoir davantage, n'hésitez pas à me contacter directement en cliquant sur ce lien.