Addition ou soustraction ?
Addition ou soustraction ? Nous accumulons, tout au long de notre vie, des objets qui racontent les étapes successives de notre parcours, de notre histoire. Souvenirs rapportés de voyages, livres colonisant les rayons de la bibliothèque, albums de photos, vêtements, bibelots chinés, exposés dans des vitrines, accrochés aux murs, trônant sur des étagères. Chaque élément est une brique qui s’ajoute aux autres briques, constituant année après année le « mausolée » de notre vie. Plus le temps passe, plus le mausolée grandit. Il nous rassure sur la réalité de notre existence.
Cependant, l’accumulation des objets finit par les rendre pesants. Ils envahissent l’espace. Comme autant de grigris, ils nous rendent dépendants de leur existence. La perte de l’un d’eux nous fragilise. Mais elle peut aussi nous faire prendre conscience de l’inutilité de cette accumulation en nous soulageant de cette lourde présence.
Quelle image voulons-nous donner de notre vie ? Est-il nécessaire de noter chaque étape ? Ne faut-il pas plutôt chercher à identifier la nature de notre élan vital ? Ainsi, au lieu de rassembler les faits comme dans un vieil agenda, n’est-il pas préférable de résumer ce que nous sommes en une simple équation ? Au lieu d’additionner, ne faut-il pas soustraire ? C’est en tout cas la voie que prend ma peinture. Plutôt que de capter tous les détails, saisir l’essence des choses. Ainsi la peinture chemine en parallèle à la vie, la rendant plus intelligible.
Certes, les œuvres s’accumulent au fil de leur exécution mais leur destin est de se disperser. Seule la dernière compte, qui doit se rapprocher de plus en plus de l’épure. Il en va de même pour les objets qu’il faut éliminer au fur et à mesure afin de ne conserver que ceux qui sont les plus représentatifs de ce que nous sommes. C’est une tâche ardue, souvent ingrate, qui est semblable à la pratique artistique. C’est celle du détachement, de la soustraction. Pour le vérifier, cliquez vite sur ce lien.