L’unique trait de pinceau
Connaissez-vous Les propos sur la peinture du moine Citrouille-amère ? J'ai découvert l'existence de son auteur, Shitao, ainsi que ses œuvres, en lisant les textes de François Cheng sur la peinture chinoise il y a quarante ans. J'étais fasciné par la peinture chinoise depuis mon enfance. J'avais tenté maladroitement de reproduire certains paysages anciens. Vide et plein et Souffle-esprit m'ont dévoilé l'étendue et la profondeur des enjeux de la peinture à l'encre. Les monographies de Chu Ta et de Shitao par Cheng ont profondément influencé ma façon de travailler.
J'ai acheté les Propos, avec la traduction de Pierre Ryckmans, en 1996. Je les relis régulièrement mais j'ai toujours beaucoup de mal à comprendre. Cependant, depuis peu, je crois entrapercevoir, une analogie entre « l'unique trait de pinceau » de Shitao et la voie que ma peinture empreinte aujourd'hui.
Bien sûr, il serait idiot de comparer la démarche d'un artiste occidental du XXIe S à celle d'un artiste Chinois du 17e. Je ne travaille pas à l'encre et la couleur et la texture de l'acrylique n'ont pas grand chose en commun avec la peinture chinoise traditionnelle.
Cependant, je tente de plus en plus à tout représenter – paysage, personnage, objet – à travers un même geste ample et décidé, laissant sur la toile la trace du pinceau. Une traînée de nuages, les plissements d'une montagne, un chemin, une vague, un personnage, une maison, un arbre, sont saisis dans leur essence même, et cette essence est identique. Il s'agit d'exprimer l'unicité des éléments à l'aide d'une touche animée d'une même simplicité, d'un même souffle.
Arriver à saisir l'essence des choses en un unique trait de pinceau, est-ce ce que Shitao à voulu atteindre ? Qu’importe la réponse, c’est, quoiqu’il en soit, le but de ma démarche artistique. Cliquez vite sur le lien pour le vérifier.