Peindre à l’aquarelle
Réaliser une toile de grand format n'est pas une démarche de tout repos. C'est comme se lancer dans une ascension vertigineuse en montagne. Sans préparation, on risque l'accident ou l'abandon. L'esprit et la main doivent prendre la mesure du nouveau sujet, repérer les obstacles, anticiper les difficultés. Il faut aussi s'échauffer à la façon d'un sportif afin que le geste soit juste, ferme et souple. C'est pourquoi, surtout en début de série, je multiplie les travaux préparatoires.
Cela consiste à dessiner le motif plusieurs fois dans un cahier de croquis. Au fil des dessins, et par volonté artistique, la composition se simplifie, le tracé se raffermit et s'imprime dans la mémoire. Les couleurs s'éloignent de la réalité photographique du fait de la gamme limitée des teintes des crayons.
Après cette première prise de contact, je fais une sorte de répétition en réalisant une composition de petit format. Ce peut être une peinture à l'acrylique. Son avantage réside dans la recherche de la gamme chromatique qui, une fois établie, sera d'un grand secours pour la grande peinture. Mais elle présente un risque majeur, celui d'avoir tout dit. Un grand format n'est pas un agrandissement du petit, c'est une nouvelle aventure qui nécessite une part d'improvisation et de liberté. Face à la petite toile, je risque d'être tenté de reprendre les mêmes effets en plus grand , et de perdre ma spontanéité.
C'est pourquoi l'aquarelle est une bonne alternative. Cette technique étant très différente de l'acrylique, il n'y aura pas de tentation d'agrandissement et la spontanéité de la peinture en grand format sera préservée. Son spectre chromatique est aussi vaste et ses effets inattendus peuvent déboucher sur de nouvelles pistes picturales.
Peindre une aquarelle peut être aussi long qu'une peinture. Bien que le format soit réduit – je travaille en général sur des formats 12,5 x 16,5 cm -, du fait de la technique difficilement contrôlable, les ratages sont nombreux. S'il est facile de retoucher une peinture à l'acrylique, ce n'est pas le cas d'une aquarelle. Il m'arrive donc de faire 3 ou 4 versions successives de la même composition avant de trouver satisfaction. Le public, qui ne voit que la version définitive, ne se doute pas de tout ce qui est parti à la poubelle !
Avec l'aquarelle, impossible de refaire les mêmes effets. C'est ce qui rend ces œuvres uniques et magiques ! Si vous désirez voir les aquarelles de la série L'empreinte des vagues, contactez-moi vite par la messagerie.