OLIVIER MOREL OLIVIER MOREL

Une âme d’enfant

« Il a une âme d'enfant ! » On emploie cette expression pour qualifier soit un adulte immature soit un artiste, ces deux types de personnes étant souvent confondus. Je pense plutôt que […]

« Il a une âme d'enfant ! » On emploie cette expression pour qualifier soit un adulte immature soit un artiste, ces deux types de personnes étant souvent confondus.

Je pense plutôt que les enfants ont un esprit universel qui allie aux valeurs dites « enfantines » – spontanéité, fraîcheur, naïveté, légèreté, intuition, etc. - celles de l'intelligence, de la réflexion, de la conceptualisation.

Avoir une âme d'enfant consisterait à entretenir à l'âge adulte ces valeurs humaines universelles. La série Tokyo Kids s'adresse à tous ceux qui ont une âme d'enfant.

Plus que tout autre peuple, il me semble que les Japonais ont une âme d'enfant. Le Japon a toujours agi sur moi comme un catalyseur, amplifiant les phénomènes du monde tout en créant une mise à distance qui me permet de m'en emparer plus facilement.

J'ai le privilège d'avoir conservé un lien fort avec le monde de l'enfance en enseignant les arts plastiques à des enfants de 6 à 10 ans. Lors de mes nombreux déplacements au Japon, j'ai pu observer à loisir la présence forte des enfants au cœur de la société et leur rapport complexe avec le monde des adultes.

Tokyo Kids est la transposition de cette expérience subjective. Les gestes, les objets, les attitudes, racontent de nombreuses histoires comme au cinéma. La série – dont le nom provient du titre anglais d'un de ses films - est un hommage au réalisateur Yasujirō Ozu. Plus que Gosses de Tokyo, les dessins de Tokyo Kids m'évoquent les rapports parents/enfants d'un autre film du même réalisateur, Ohayō (Bonjour), où tendresse et humour alternent avec conflits, lassitude et mélancolie. Retrouvez les Tokyo Kids en cliquant sur ce lien.

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Le voyage immobile

Peut-on voyager en restant chez soi ? A l'ère du numérique et du métavers, la question semble naïve. Ce n'est pas le cas si l'on se situe avant l'apparition des mondes virtuels.
Au 5e siècle de notre ère […]

Peut-on voyager en restant chez soi ? A l'ère du numérique et du métavers, la question semble naïve. Ce n'est pas le cas si l'on se situe avant l'apparition des mondes virtuels.

Au 5e siècle de notre ère, Zong Bing, peintre et lettré chinois, écrit le Hua Shanshui Xu (Introduction à la peinture de paysage), l'un des premiers écrits sur la peinture de paysage. Après des années d'errance et d'érémitisme, refusant les honneurs et les postes que l'empereur lui proposait, le vieux sage fatigué retourne s'installer en ville pour écrire. « […] je déroule des peintures et les regarde à l'écart, explorant assis les régions du monde. ».

Ayant représenté les montagnes pendant toute sa vie, le peintre les parcourt de nouveau, visuellement et mentalement, dans l'espace clos de son atelier. La peinture comme voyage immobile...

Le désir de peindre la montagne trouverait-t-il son origine dans celui de revivre en atelier l'expérience vécue en vrai ? Quoiqu'il en soit, l'acte de peindre réactive en moi le bien-être des marches alpestres, enrichissant la photo – seule trace visible du souvenir - des multiples sensations passées.

Mon vœu le plus cher serait de déclencher chez le spectateur le même bien-être par immersion et propagation. Prêt au voyage immobile ? Cliquez vite sur ce lien pour accéder à mes peintures de montagne.

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L’angoisse de la page blanche

Ressentez-vous l'angoisse de la page blanche ? L'impossibilité de dessiner ou d'écrire à l'instar du "poète impuissant qui maudit son génie" à la lueur de "la clarté déserte de ma lampe sur le vide papier que la blancheur défend" (Mallarmé, extraits d'Azur et de Brise marine) ? Dans cet esprit, l'art naîtrait du […]

Ressentez-vous l'angoisse de la page blanche ? L'impossibilité de dessiner ou d'écrire à l'instar du "poète impuissant qui maudit son génie" à la lueur de "la clarté déserte de ma lampe sur le vide papier que la blancheur défend" (Mallarmé, extraits d'Azur et de Brise marine) ?

Dans cet esprit, l'art naîtrait du néant, alimenté par une inspiration aussi soudaine que magique. Cette vision romantique est très éloignée de la réalité d'une pratique artistique. La création est un processus continu qui se nourrit de sa propre action.

Dans ma pratique, cette action passe par le dessin, plus précisément par d'une suite de croquis tracés dans un cahier de recherches. Qu'importe la qualité, le dessin a pour fonction de matérialiser une pensée, de transcrire et de transformer une observation.

Chaque dessin – ou trace – s'inscrit dans un ensemble. Il répond à un questionnement. Sa valeur est relative. Seule compte la réponse qu'il apporte, que le dessin suivant tentera de préciser ou de compléter. La page perd vite sa blancheur !

Le réseau de lignes s'épaissit au fil de la recherche. J'utilise peu la gomme car les "erreurs" servent de repères et permettent de mieux appréhender l'espace de la feuille. Le dessin sert aussi d'échauffement, comme un pianiste faisant ses gammes.

Quand vient l'étape de la peinture, nul besoin d'inspiration. L'idée a déjà pris forme. Comme la feuille, la toile ne reste pas vierge longtemps. Par le trait ou la surface, il faut bâtir avec le même processus d'approximations successives.

Pour supprimer l'angoisse de la page blanche, il suffit de travailler de façon régulière et naturelle, sans chercher l'absolu. Pour accéder à mes œuvres en ligne, cliquez vite sur ce lien.

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Emotions artistiques

Peut-on accéder à l'art sans être un spécialiste ? Qui ne s'est pas posé la question face à une œuvre qui semblait hermétique ou lors d'une soirée en écoutant des invités énoncer avec aplomb leurs convictions artistiques. On préfère se taire par peur de […]

Peut-on accéder à l'art sans être un spécialiste ? Qui ne s'est pas posé la question face à une œuvre qui semblait hermétique ou lors d'une soirée en écoutant des invités énoncer avec aplomb leurs convictions artistiques.

On préfère se taire par peur de dire une bêtise ou résumer le compte rendu de notre dernière visite d'exposition par un « c'était très intéressant ». Ceci est vraiment dommage car l'art appartient à tous. Demandez à un enfant ce qu'il pense d'une œuvre, il vous donnera son avis sans complexe, avec franchise et simplicité. Pourquoi ne pas faire de même. Nul besoin de légitimité. Quand on est face à une œuvre, il faut oublier ce qu'on a appris ou entendu et essayer simplement de comprendre ce que l'on ressent. A quoi cette œuvre nous fait-elle penser, que nous rappelle-t-elle, quelle émotion déclenche-t-elle en nous. Qu'est-ce que j'apprécie, qu'est-ce qui me dérange, pour quelles raisons ?

J'ai eu mes premières émotions devant des œuvres d'art à 19 ans lors d'un voyage à Londres. C'était la première fois que j'entrais volontairement dans un musée. Fasciné par les tableaux de la National Gallery et du Courtauld Institute, je me suis constitué mon petit musée personnel, dérobant - j'avais peu de moyens mais il y a prescription... - quelques cartes postales qui ont constitué mon terreau artistique. De grands artistes mais pas n'importe quelles peintures ! La mort d'Actéon de Titien, Rembrandt et son Hendrigkje au bain, le Saint Georges d'Ucello, etc.

On ne peut pas tout comprendre ni tout aimer mais vous trouverez forcément une œuvre qui vous procurera des émotions. Elle vous entraînera plus loin que vous n'imaginiez, vous ouvrira la porte de nouveaux territoires, changera profondément votre vie.

J’ai mis en ligne des toiles inédites de ma série Nouveau Monde, certaines sont complexes. Même si vous n'êtes pas un spécialiste, n'hésitez à les contempler en cliquant sur ce lien puis à me faire part de votre ressenti en me contactant par le formulaire de contact.

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Devoirs de vacances

Peut-on concilier travail et vacances ? Nous menons des vies paradoxales : aux longues périodes d'un labeur intense et contraignant, associées à un environnement urbain stressant, succèdent de courtes périodes de vacances attendues avec impatience. Seuls moments de ressourcement et de liberté, elles doivent offrir […]

Peut-on concilier travail et vacances ? Nous menons des vies paradoxales : aux longues périodes d'un labeur intense et contraignant, associées à un environnement urbain stressant, succèdent de courtes périodes de vacances attendues avec impatience. Seuls moments de ressourcement et de liberté, elles doivent offrir, en un temps resserré, repos, famille, découverte, émerveillement, dépaysement, nature. C'est dire l'enjeu énorme et le risque de déception au cas où l'un des objectifs énoncés ne serait pas atteint.

Pour un artiste, la situation est quelque peu différente. L'activité artistique ne se résume pas au travail dans l'atelier. La création se nourrit au quotidien du spectacle de la vie. Dans mon cas personnel, elle s'enrichit beaucoup du déracinement : déplacements à la campagne, en montagne, en forêt, au bord de la mer, à l'étranger, et plus généralement tout ce qui vient perturber mes habitudes, réveiller mes sens.

Les vacances répondent à cette nécessité. Autrement dit, en vacances, je travaille tout le temps. Pas forcément de la façon la plus traditionnelle mais en emmagasinant le plus d'informations et d'éléments nouveaux qui irrigueront

ma création. En fonction du lieu, de la durée du séjour et de mon état de fatigue, je peux emporter de quoi dessiner ou peindre. Le temps du dessin est un temps long – c'est presque du luxe aujourd'hui ! -, c'est pourquoi j'emploie plus volontiers l'appareil photo. Et parfois, je ne fais rien, préférant vivre l'instant et le graver dans ma mémoire.

L'été dernier, je suis parti à Sixt avec une tablette graphique. C'est la première fois que je m'en sers. Le plein air ne facilite pas les choses et je n'ai pas trop l'habitude du stylet qui glisse sur la surface vitrée de l'écran. Je préfère la sensation du crayon de couleur au contact d'un papier légèrement pulpeux. Mais le grand avantage est de pouvoir effacer et recommencer à l'infini. J'ai testé différents types d'outils, de textures. J'ai tenté de construire l'espace en couleurs. C'est moins encombrant que le matériel habituel - pot à eau, chiffon, pinceaux de différentes tailles, boite de couleurs.

Contrairement aux vidéos de peinture en « timelapse » dans lesquelles j'élimine beaucoup de repentirs au montage, dans les vidéos d'Ipad, j'ai parfois conservé effacements et retours en arrière. Ceci permet de visualiser le processus complexe du dessin avec les hésitations, les ratages... Le résultat n'a évidemment rien à voir avec des œuvres sur toile ou sur papier mais c'est une bonne façon de concilier travail et vacances. Cependant, si vous désirez voir de vraies aquarelles et de vraies peintures, il suffit de cliquer sur ce lien.

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L’hiver

Aimez-vous l'hiver ? D'un côté, les ciels lourds, l'air glacé, la nuit qui tombe dès 16h... - on se dit qu'il va falloir tenir bon pendant longtemps avant le retour des beaux jours -. De l'autre, des lumières étranges, captivantes, jaune de Naples ou gris de Payne, les brumes mystérieuses, la silhouette graphique des arbres dépouillés. Pour un artiste, il est difficile de […]

Aimez-vous l'hiver ? D'un côté, les ciels lourds, l'air glacé, la nuit qui tombe dès 16h... - on se dit qu'il va falloir tenir bon pendant longtemps avant le retour des beaux jours -. De l'autre, des lumières étranges, captivantes, jaune de Naples ou gris de Payne, les brumes mystérieuses, la silhouette graphique des arbres dépouillés.

Pour un artiste, il est difficile de travailler en extérieur en hiver ! Il m'arrive cependant de dessiner en forêt, bien emmitouflé. Dans le silence des futaies, sangliers ou chevreuils passent comme des ombres. Le temps semble pris dans la glace. Comme je peins d'après photo, j'en profite surtout pour faire de belles balades dans une nature transfigurée, doigts gelés sur le déclencheur. J'ai peint de nombreuses toiles de forêts hivernales. Forêt 1 date de 2014. Sur un fond bleu vif, dans une gamme de teintes pâles, les branches de jeunes arbres abattus s'entrelacent au sol comme des lianes. J'avais peint cette composition pour encadrer une toile indienne, Le déjeuner sur l'herbe, à l'occasion de mon exposition 1001 nuits à l'Orangerie de Cachan !

En montagne, les traces dans la poudreuse, les ombres bleues démesurément allongées, les branches sinueuses enrobées de givre comme du sucre cristal sont sources d'inspiration pour le photographe. En revanche, pour moi, c'est plus compliqué en peinture. J'ai réalisé peu de compositions de paysages de neige. La raison vient probablement de la gamme chromatique que je trouve limitée : bleu des ombres et du ciel, gris et marrons de la roche, trop grande présence du blanc. J'aime tant les couleurs ! L'approche est davantage calligraphique, comme dans la série de petites toiles de Leukerbad.

Pour peindre, il est nécessaire de s'imprégner de son motif. Il faut s'immerger dans le paysage, en recueillir les sensations qu'il fait naître, agréables ou déplaisantes. Peut-être est-il temps de retourner à la montagne et de chausser des raquettes pour suivre les chamois à la trace et rapporter de nouvelles expériences – pieds et nez gelés, solitude au sein de l'immensité glacée - qui vont nourrir ma peinture ? Mais vous pouvez aussi rester bien au chaud et accéder à mes paysages d'hiver en cliquant sur ce lien.

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Les secrets du labyrinthe

Souhaitez-vous connaître les secrets de Labyrinthe 2K2 ? L'origine de ses couleurs, la signification des motifs ? Quand il sera achevé ?
Le tissage du tapis, dont j'ai réalisé le carton, se poursuit depuis maintenant un an à la manufacture de la Savonnerie, au Mobilier National, à Paris. Difficile de déterminer le temps nécessaire à son achèvement. Encore 5 ou 6 ans de travail, peut-être davantage […]

Souhaitez-vous connaître les secrets de Labyrinthe 2K2 ? L'origine de ses couleurs, la signification des motifs ? Quand il sera achevé ?

Le tissage du tapis, dont j'ai réalisé le carton, se poursuit depuis maintenant un an à la manufacture de la Savonnerie, au Mobilier National, à Paris. Difficile de déterminer le temps nécessaire à son achèvement. Encore 5 ou 6 ans de travail, peut-être davantage... Le temps est comme suspendu. L'important n'est pas la fin mais le cheminement, ce qui se noue à chaque instant sur le métier à tisser avec l'équipe des lissières. La danse des doigts agiles glissant la navette entre les fils évoquent la magie des temps anciens, Pénélope, les Parques...

La gamme chromatique du carton qui sert de modèle au tissage du tapis s'inspire de ma toile Méduses 4. Lors de la phase de transposition, le nombre de couleurs du tapis a été ramené à 44. Aucune de ces couleurs n'existant dans le Nuancier de la Savonnerie – bien que celui-ci en conserve plus de 16 000 – il a fallu les créer à l'atelier de teinture. Chaque nouvelle teinte portant le nom du créateur du tapis, il y a désormais 44 couleurs Olivier Morel parmi les 16 000...

Labyrinthe 2K2 fait référence aux labyrinthes gothiques à l'image du pavement de la cathédrale de Chartres. Cependant sa structure tire sa source d'un détail du mandala Kongokai de l'école bouddhique japonaise Shingon.

Il rend aussi hommage aux tapisseries mille-fleurs médiévales, dont l'énigmatique et somptueux cycle de la Dame à la licorne. Cléome, iris, rose... Sur le damier de fleurs sont imprimés les modules du labyrinthe. Le pied – incitation à se déchausser -, le triangle et la main indiquent les entrées, invitant à une déambulation sensuelle et méditative. Si vous désirez en savoir davantage, n'hésitez pas à rejoindre mes Contacts Privés en cliquant sur ce lien.

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La beaute des choses imparfaites

Faut-il chercher à atteindre la perfection en art ? En Occident, dès l'enfance, le système éducatif valorise cette quête par un système de notation évaluant la maîtrise de chaque élève. Cependant, Balzac, dans Le chef d’œuvre inconnu, à l'absolu de Frenhofer oppose le pragmatisme de Poussin et nous invite à penser autrement. Intuitivement, je me suis toujours […]

Faut-il chercher à atteindre la perfection en art ? En Occident, dès l'enfance, le système éducatif valorise cette quête par un système de notation évaluant la maîtrise de chaque élève. Cependant, Balzac, dans Le chef d’œuvre inconnu, à l'absolu de Frenhofer oppose le pragmatisme de Poussin et nous invite à penser autrement.

Intuitivement, je me suis toujours tenu à distance de la perfection, préférant une forme imparfaite et vivante à un idéal fantasmé et sec. Quel bonheur d'avoir découvert l'esthétique wabi-sabi au Japon !

« Wabi-sabi est la beauté des choses imparfaites, impermanentes et incomplètes.

C'est la beauté des choses modestes et humbles.

C'est la beauté des choses atypiques. »

Leonard Koren, Wabi-sabi – édition Le Prunier

Cette définition correspond parfaitement à mon travail artistique. Elle s'applique bien à mon installation des Buddha Sutras. Chaque statuette, bien que née d'un même moule, échappe au modèle d’origine par un façonnage manuel après le démoulage. Le mélange accidentel des émaux, leur application gestuelle, leur comportement à la cuisson, rendent le résultat aléatoire. Éclats de couleur incontrôlés, accidents, craquelures, l'imperfection est la règle.

Les socles de l'installation ont été conçus dans le même esprit. J'ai suivi des cours pour apprendre à monter des pièces sur un tour de potier pendant un an. Inutile de dire que je suis loin d'être un potier expérimenté. Mais j'ai bénéficié de la bienveillance de mes professeurs qui ont accepté que mes formes ne soient pas parfaites. Chaque pièce est unique, non-calibrée. J'ai improvisé les courbes directement sur le tour, inspiré par la balle de terre.

L'installation socles + statuettes forme une cité miniature aux allures changeantes constituée de stupas de différentes hauteurs. Chacun est couronné d'un Bouddha qui enferme un extrait de sutra. A la question « Faut-il enlever l'opercule qui le protège ? », je n'ai pas la réponse. Vous seul l'avez si vous entrez en possession d'un des Buddha Sutras. Pour cela il suffit de cliquez sur ce lien.

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Buddha Sutras

J'ai longtemps été indifférent aux statues du Bouddha exposées dans les musées. Ma perception a changé lors de mes séjours au Japon quand je les ai vues au cœur d'un environnement complexe sollicitant les 5 sens : odeurs d'encens, craquement du feu, murmures, psalmodies, tintements, claquements de mains […]

Comment rendre visible ce qui ne l'est pas ? Comment donner forme à un concept ?

Dans mes toiles de Sixt, les montagnes expriment à la fois des paysages réels et une puissance cosmique. Mais la valeur spirituelle contenue dans la forme peut passer inaperçue. C'est la raison pour laquelle j'ai entrepris un travail artistique plus explicite avec une installation en trois dimensions autour de l'effigie du Bouddha.

Difficile cependant d’échapper aux idées convenues associées cette image. C'est le défi que je me suis fixé avec le projet Buddha Sutras.

J'ai longtemps été indifférent aux statues du Bouddha exposées dans les musées. Ma perception a changé lors de mes séjours au Japon quand je les ai vues au cœur d'un environnement complexe sollicitant les 5 sens : odeurs d'encens, craquement du feu, murmures, psalmodies, tintements, claquements de mains, rythmes incantatoires, notes suspendues de la cloche, pénombres d'une profonde densité, douceur des planchers de bois, âcreté du thé vert, saveurs étranges de la nourriture des moines...

J'ai découvert aussi les alignements émouvants de Jizo – divinité bouddhique protectrice des enfants – du Zojo-ji ou du Jomyo-in à Tokyo. La standardisation des sculptures est bouleversée par l'action lente des intempéries ou par les vêtements dont on les a habillées. Chaque effigie semble s'imprégner de l'esprit de l'être auquel elle a été consacrée.

Riche de ces expériences, je me suis emparé de la statue du Bouddha pour exprimer cette énergie universelle qui circule en chaque être humain, la révélant par le travail de la terre et du feu. Sous l'action de l'émail, la forme impersonnelle se recouvre des couleurs des passions humaines.

L'installation Buddha Sutras se compose de statuettes uniques réunissant chacune l'ensemble de ces valeurs. Vous pouvez les acquérir dès maintenant en cliquant sur ce lien qui vous dirige vers la page dédiée aux Buddha Sutras.

Les Buddha Sutras seront exposés les 3 et 4 décembre à Paris SUR INVITATION UNIQUEMENT, CONTACTEZ-MOI PAR LE FORMULAIRE DE CONTACT.

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Huile ou acrylique ?

Parmi un groupe de personnes venues visiter mon atelier, une dame me demanda, tandis que je déroulais mes toiles sur le sol, s'il s'agissait de peinture à l'huile ou à l'acrylique. Puis, après que je lui eus indiqué qu'il s'agissait d'acrylique, déclara d'un ton péremptoire qu'on se lassait beaucoup plus vite de l'acrylique que de l'huile […]

Préférez-vous l'huile ou l'acrylique ? Plus précisément, appréciez-vous davantage une œuvre réalisée avec de la peinture à l'huile ou avec de la peinture acrylique ? Il est tentant de chanter la comptine "La peinture à l'huile c'est bien difficile mais c'est bien plus beau que la peinture à l'eau" !

Parmi un groupe de personnes venues visiter mon atelier, une dame me demanda, tandis que je déroulais mes toiles sur le sol, s'il s'agissait de peinture à l'huile ou à l'acrylique. Puis, après que je lui eus indiqué qu'il s'agissait d'acrylique, déclara d'un ton péremptoire qu'on se lassait beaucoup plus vite de l'acrylique que de l'huile.

Que penser de ce genre de propos tenu par une personne qui ne sait pas faire la différence par elle-même ? Il est difficile d'aborder l'art à travers des idées toutes faites.

Avec une certaine maîtrise de l'acrylique, le peintre obtient des effets – transparence, luminosité, vivacité des couleurs, dégradés – qui rivalisent avec la peinture à l'huile. Cependant, ce n'est pas le sujet. L'huile et l'acrylique ont chacune leurs spécificités, dont les différences enrichissent l'art plutôt qu'elles ne l'appauvrissent. Choisir entre les deux, c'est comme choisir entre les fraises et les framboises, le chêne et le hêtre, la mer et la montagne.

En tant qu'amateur d'art, je ne me pose même pas la question et n'ai aucune préférence. Tout dépend de la qualité de l’œuvre. En tant qu'artiste, j'ai choisi depuis longtemps l'acrylique, le medium qui me convient le mieux pour sa rapidité de séchage, son absence d'odeur – je suis allergique à la térébenthine – et pour sa plasticité. Je ne m'en suis jamais lassé. Cliquez sur ce lien pour consulter mes œuvres, je vous promets que vous ne vous en lasserez pas non plus !

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Le rêve américain

Qui peut rester indifférent l'appel de l'Amérique ? Depuis l'enfance, notre imaginaire est travaillé par les mythes du Nouveau Monde véhiculés par la bande dessiné, les dessins animés, le cinéma, la musique. Qu'on soit séduit ou hostile, il faut aller en Amérique une fois dans sa vie […]

Qui peut rester indifférent l'appel de l'Amérique ? Depuis l'enfance, notre imaginaire est travaillé par les mythes du Nouveau Monde véhiculés par la bande dessiné, les dessins animés, le cinéma, la musique. Qu'on soit séduit ou hostile, il faut aller en Amérique une fois dans sa vie.

J'ai découvert l'ouest américain à l'âge de 15 ans. Pour la première fois, nous avions voté en famille pour choisir la destination des vacances. A trois voix contre une – ma mère, mon frère et moi contre mon père -, les États-Unis l'avaient emporté. D'emblée, les ciels me sont apparus plus grands qu'ailleurs et le bleu plus intense.

Lors d'un séjour en 2011 avec ma femme, nous nous acheminions sans nous presser vers Berkeley après un périple à Big Sur et Yosemite. Traversant Oakland au ralenti, je ne me souviens plus qui, d'Isabelle ou de moi conduisait, ni qui a pris les photos par la vitre de la voiture. La beauté simple des maisons, leur volume se détachant avec force sous le soleil de midi, la couleur du bois peint rivalisant avec la couleur du ciel m'ont fortement marqué, matérialisant sous la forme d'un déroulé d'images la forme pure de mon rêve américain.

Les toiles d'Oakland forment une mini-série à l'intérieur de la série Nouveau Monde. Bien que toutes différentes, elles ont de nombreux traits en commun : bleu étincelant du ciel, lumière écrasante des trottoirs rendue par la réserve blanche de la toile, absence de personnages, formes géométriques épurées donnant à la représentation urbaine un aspect quasi-minéral. Le temps est suspendu, l'histoire s'est arrêtée. Les maisons silencieuses retiennent le passé entre leurs murs. Le présent, en arrêt sur image, est à peine évoqué par le fantôme d'une voiture ou les graffitis d'une palissade.

Pour accéder à mon rêve américain et voir les toiles d'Oakland, cliquez vite sur ce lien !

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Sculpture et couleur

A l'image de la photographie en couleur, longtemps considérée comme vulgaire et dénuée de caractère artistique – en opposition à la photographie noir et blanc, la sculpture polychrome – notamment orientale - a été cantonnée à une expression populaire ou […]

La sculpture a-t-elle droit à la couleur ? Les œuvres d'art anciennes façonnées dans des matériaux « nobles » – bois, marbre, pierre, bronze – nous sont parvenues dépouillées de leurs couleurs d'origine tandis que les artistes de la Renaissance à la fin du XIXe siècle se sont inspirés de l'Antiquité pour bâtir une statuaire monochrome.

A l'image de la photographie en couleur, longtemps considérée comme vulgaire et dénuée de caractère artistique – en opposition à la photographie noir et blanc, la sculpture polychrome – notamment orientale - a été cantonnée à une expression populaire ou primitive. Certaines pratiques comme la céramique lui ont été associées de façon péjorative.

Ces jugements ont heureusement été balayés par le renouveau de l'art moderne et de l'art contemporain, ouvrant la voie à une créativité libre, dénuée de tout préjugé, comme en témoigne le succès de la céramique contemporaine.

J'ai toujours été fasciné par la céramique mais, faute de moyens financiers et d'espace adapté, j'ai dû restreindre mes envies. Progressivement, j'ai commencé à façonner des statuettes en pâte à modeler, puis en résine. Enfin, avec l'expérience et des moyens plus importants, j'ai enfin pu me lancer dans des projets en céramique.

Buddhas Sutras est l'un d'eux. Il est l'aboutissement d'un long processus initié en février 2020 par le modelage en terre d'une effigie de Bouddha librement interprétée. A partir de cet original, j'ai réalisé 4 tirages en terre par coulage dans un moule en plâtre.

La forme du Bouddha est universelle. Sa démultiplication renforce sa neutralité. Sur la terre blanche biscuitée, presque impersonnelle, la coulée d'émail devient coulée de vie, animant l'épiderme de couleurs scintillantes aux effets changeants qui sont comme l'émanation de la psyché de la statue. Chaque œuvre devient unique.

Les émaux sont fascinants. De prime abord terne et poudreuse, la couleur révèle sa profondeur et sa luminosité après cuisson. Les superpositions - fruits du hasard et d'une expérimentation plus ou moins maîtrisée – donnent naissance à des teintes inouïes qui semblent animées d'un mouvement perpétuel. Dans le silence de l'atelier, pendant longtemps, on entend l’émail tinter par intermittence. Si vous désirez les entendre tinter vous aussi, prenez rdv sur mon formulaire de contact en cliquant sur le lien.

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La routine

Aimez-vous la routine ? La routine déroule avec constance et régularité une série d'actes répétitifs. Elle permet de ne pas se poser de questions inutiles – à quelle heure dois-je me lever ? Comment vais-je m'habiller ? Qu'est-ce que je vais faire aujourd'hui ? Elle est rassurante et apaisante.
Dans le cadre de la création artistique, elle a un rapport avec la sérialité […]

Aimez-vous la routine ? La routine déroule avec constance et régularité une série d'actes répétitifs. Elle permet de ne pas se poser de questions inutiles – à quelle heure dois-je me lever ? Comment vais-je m'habiller ? Qu'est-ce que je vais faire aujourd'hui ? Elle est rassurante et apaisante.

Dans le cadre de la création artistique, elle a un rapport avec la sérialité : effectuer des variations à partir d'un thème déterminé. Ceci permet d'approfondir le thème en limitant les questionnements. Dans ma peinture, elle se manifeste par un sujet – les Forêts par exemple – un nombre de formats prédéfini, la façon de traiter la lumière et l'espace et dans une moindre mesure la gamme chromatique.

Cependant, avec le temps, la routine diminue la concentration et l'attention au présent. A force de les répéter, les gestes deviennent mécaniques. L'ennui, qui se substitue à l'impulsion et la nécessité, prive l'oeuvre de vie. Il est temps de changer !

Plusieurs pistes s'offrent à l'artiste. Il est possible d'évoluer à l'intérieur de la série en évitant les redites. C'est pourquoi aucune de mes Forêts n'est semblable. Mais il faut souvent une solution plus radicale : alterner les sujets, varier les techniques, ou explorer de nouveaux modes de création.

C'est ce que j'ai fait avec le projet Buddha Sutras. Entre le démarrage du projet en janvier 2020 et les premières pièces, il s'est écoulé presque trois ans. Entre temps, j'ai suivi des formations de modelage, de tournage, de fabrication des émaux, d'émaillage et j'ai beaucoup expérimenté. Il a fallu tout inventer. Adieu la routine ! Cliquez sur ce lien pour voir les quatre premières sculptures.

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Sensation de déjà-vécu

Avez-vous éprouvé la sensation de « déjà-vécu » ? Il s'agit de l'impression d'être confronté dans le présent à une situation similaire vécue dans le passé. Comme le narrateur de la Recherche bouleversé par la saveur d'une miette de madeleine trempée dans une cuillerée de thé, nous avons beau fouiller dans notre mémoire, aucun souvenir ne se détache.
Et pour cause. Nous n'avons pas […]

Avez-vous éprouvé la sensation de « déjà-vécu » ? Il s'agit de l'impression d'être confronté dans le présent à une situation similaire vécue dans le passé. Comme le narrateur de la Recherche bouleversé par la saveur d'une miette de madeleine trempée dans une cuillerée de thé, nous avons beau fouiller dans notre mémoire, aucun souvenir ne se détache.

Et pour cause. Nous n'avons pas vécu la situation dans ce lieu car nous le découvrons pour la première fois et les personnes qui y participent sont des inconnus. Pourtant, cette « mémoire du présent » évoque quelque chose de profondément enfoui et de très important.

Il existe de nombreuses explications scientifiques à ce phénomène, mettant l'accent, pour la plupart, sur des dysfonctionnements du cerveau, comme si « l'irrationnel » - ce que la science ne peut démontrer – appartenait obligatoirement au domaine des pathologies.

Ce pourrait être aussi une sorte de mémoire émotionnelle construite à partir de situations similaires déjà éprouvées. Ou bien une mémoire génétique, bâtie sur plusieurs générations, ou plusieurs millénaires ou millions d'années, ou même avant la formation de la Terre. Qu'importe...

J'ai éprouvé cette sensation de déjà-vécu à de nombreuses reprises, notamment sur l'île de Milos, dans les montagnes de Haute-Savoie, en forêt ou au Japon. Est-ce pour cette raison que je retourne dans ces endroits et que ces thèmes sont récurrents dans ma création ?

L'un des aspects de ma démarche consiste peut-être à identifier et à donner forme à ce passé enfoui, que je pressens mais qui m'échappe sans cesse, et à le partager avec les autres. Cette mémoire individuelle est aussi une mémoire collective. Peut-être éprouverez-vous cette sensation de déjà-vécu face à mes œuvres. Pour le vérifier, cliquez vite sur ce lien et accédez à mes peintures en ligne.

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OLIVIER MOREL OLIVIER MOREL

Le retour de l’automne

C'est le retour de l'automne avec ses jours qui raccourcissent et ses ciels plombés, l'adieu aux vacances et le tremplin vers le froid hivernal. Quand j'étais enfant, […]

C'est le retour de l'automne avec ses jours qui raccourcissent et ses ciels plombés, l'adieu aux vacances et le tremplin vers le froid hivernal. Quand j'étais enfant, sans connaître Verlaine, automne rimait avec monotone. La rentrée scolaire angoissante, le cross dans le bois municipal dont je ressortais transis de froid, de fatigue et couvert de boue. Les marrons ramassés sur le sol ne se transmuaient même pas en marrons glacés !

L'automne m'a finalement apprivoisé à l'adolescence quand, confiné à la campagne chaque week-end par mes parents, je m'échappais en forêt. Emportant une boîte d'aquarelle et quelques pinceaux, j'ai découvert les couleurs humides et rutilantes, la senteur des feuilles mortes et des champignons, l'odeur des bêtes cachées dans les fougères qui détalaient à mon approche, croyant avoir affaire à un chasseur. Je portais mon vélo sur l'épaule comme un explorateur, suivant le trajet d'une voie ferrée à l'abandon, grimpant dans un arbre à l’affût du coq de bruyère.

J'ai peint mes premières forêts automnales, inspirées de Fontainebleau, des Eyzies et de Rambouillet aux Beaux-Arts de Paris dès 1991. C'était peut-être une façon de conjurer la rentrée. Peindre l'automne est plus compliqué qu'il n'y paraît. La lumière est souvent terne, les feuillages fragilisés font apparaître des branches noires. La tentation du chromo est grande. Pour éviter l'ennui des couleurs faciles et saturées, il faut les décliner en gammes subtiles de roses et de terres, couper les jaunes avec du gris, de l'ocre et du vert, oser violets et pourpres. Enfin les opposer à l'infini variété des couleurs des troncs – vert, gris, bleu, orange, blanc - , aux roches, à l'épaisseur de l'air...

Il faut surtout éviter de se répéter en restant vigilant et attentif au déroulement du temps car il n'y a pas un automne mais autant d'automnes qu'il y a de jours en cette saison. Si vous voulez vérifier par vous-même, cliquez vite sur ce lien pour accéder à mes toiles de forêts.

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Le temps suspendu

Pourquoi faut-il aller si vite ? Même lorsque nous voulons nous ressourcer dans la nature, à l'occasion d'une promenade en forêt par exemple, nous nous heurtons souvent à l'exigence de rentabilité ancrée dans nos habitudes. Nous voulons remplir le programme dans les temps, atteindre le but fixé alors que […]

Pourquoi faut-il aller si vite ? Même lorsque nous voulons nous ressourcer dans la nature, à l'occasion d'une promenade en forêt par exemple, nous nous heurtons souvent à l'exigence de rentabilité ancrée dans nos habitudes. Nous voulons remplir le programme dans les temps, atteindre le but fixé alors que tant d'endroits nous invitent à faire une pause.

Quand je me promène en forêt et que je pense à de futures compositions, bien que je peigne d'après photo, j'aime me poser à même le sol pour dessiner au pinceau et à l'encre sépia dans un cahier. Parfois, je reste immobile sans rien faire. En hiver, il arrive qu'un sanglier glisse devant moi comme une ombre chinoise ou qu'un chevreuil déboule dans mon dos, aussi effrayé que moi de cette intrusion ! Je deviens invisible. Le temps est suspendu. Je me fonds dans la forêt, la forêt infuse en moi. Dans l'atelier, les photos et le travail de dessins préparatoires réveilleront ces sensations qui nourrissent ma peinture.

Les rayons du soleil jouent sur les troncs et le feuillage des arbres, animant un étrange kaléidoscope. Éclairant certains bosquets, rejetant certains taillis dans l'ombre, ils isolent, tel un danseur pris dans le pinceau lumineux d'un projecteur, un parterre de mousse bordé de fougères légèrement surélevé, vous invitant à vous y asseoir.

Vous vous laissez enfin tenter et vous vous asseyez. Vous distinguez soudain combien le chant des oiseaux peut être varié, composant comme une musique de chambre. Les fourrés bruissent d'une agitation mystérieuse et désordonnée, vous percevez le lent déplacement du soleil sur les arbres, vous sentez et entendez le souffle du vent à travers les feuillages qui se balancent au ralenti. Vous y êtes !

Prolongez la magie devant mes toiles de Forêts en cliquant sur le lien. Avec un peu de chance, vous verrez peut-être apparaître un chevreuil ne soupçonnant pas votre présence !

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OLIVIER MOREL OLIVIER MOREL

Peinture et photographie

La photographie est à la fois présente et absente de mon travail. Comme la barque qui permet de passer sur l'autre rive, elle m'accompagne dans le processus de création mais je l'abandonne dès que […]

Quel est le lien entre peinture et photographie ?

Si, selon la formule de Picasso, « la photographie est venue à point pour libérer la peinture de toute littérature, de l'anecdote, et même du sujet. », toutes les deux ont continué d'entretenir un abondant dialogue par l'intermédiaire du Pop Art, de la figuration narrative et de l'hyper-réalisme, semant souvent la confusion chez le spectateur.

La photographie est à la fois présente et absente de mon travail. Comme la barque qui permet de passer sur l'autre rive, elle m'accompagne dans le processus de création mais je l'abandonne dès que mon pied touche terre.

En amont, il y a un lieu, le Japon par exemple. La photographie en conserve la trace, l'expérience vécue. Elle fixe l'instant à la manière du carnet de croquis, plus objective cependant et plus rapide. Préfigurant la peinture par le cadrage et la captation de la lumière, elle multiplie aussi les détails, tourne autour du motif, accumule les informations. Elle agit de concert avec la mémoire, fixant sensations non visuelles et perceptions.

De retour dans l'atelier, il est nécessaire de décanter, de prendre un peu de distance – de temps – avec l'expérience vécue. Lorsque le lieu s'impose comme sujet, s'opère une sélection des photos susceptibles de déboucher sur une composition. Le 1er choix est imprimé.

S'ensuit une phase de dessin, dont le tirage papier est le modèle. Elle a deux objectifs : par la répétition, elle ravive les souvenirs et les sensations, enrichissant l'image de l'expérience vécue ; par la libération et l'audace, elle opère une transition, modifiant l'aspect du motif par élimination des détails, mise en évidence de la structure sous-jacente, dévoilant de l'essence du lieu.

Le tirage papier accompagne le processus de peinture jusqu'au bout, au risque parfois de la contraindre. Il faut s'efforcer de trahir la photo. La peinture s'en détache de plus en plus par son épure, sa matérialité, son format, la saturation des couleurs. Elle révèle le sens caché des choses, l'absolu. Lorsque la toile est achevée, les deux images, peinture et photo, s'affichent ensemble sur le mur, comme la vie à côté de son ombre. Pour en savoir davantage sur mon processus de création, inscrivez-vous dans mes contacts privés en cliquant sur ce lien.

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Combien de temps faut-il pour faire un tableau ?

Combien de temps faut-il pour faire ce tableau ? C'est une question que vous vous êtes sans doute posée face à une toile dans un musée ou une galerie, ou que vous avez peut-être déjà posée à un peintre. On me la pose souvent.
Bien qu'un peu embarrassé, j'ai l'habitude de répondre […]

Combien de temps faut-il pour faire ce tableau ? C'est une question que vous vous êtes sans doute posée face à une toile dans un musée ou une galerie, ou que vous avez peut-être déjà posée à un peintre. On me la pose souvent.

Bien qu'un peu embarrassé, j'ai l'habitude de répondre en me remémorant le nombre de séances de travail qu'a nécessité la réalisation de la peinture en question. Il diffère d'une composition à l'autre, et dépend de nombreux facteurs dont le format et surtout le degré de facilité (ou de difficulté) avec lequel j'arrive à exprimer ce qui est en jeu dans cette toile. J'ajoute que je ne peins que le matin. Je divise le nombre de séances par deux pour obtenir le nombre de jours. J'obtiens alors un nombre variant de 2 jours à 3 semaines.

Je me rends compte soudain que, en réalité, la réponse n'a aucun sens. Lors du fameux procès intenté par Whistler contre Ruskin en 1878, l'artiste justifie le prix d'un tableau peint en une demi-journée par l'expérience d'une vie. Au-delà du prix de l’œuvre, la réalisation d'une toile ne débute pas au premier coup de pinceau.

Outre le fait qu'une toile s'inscrit dans la longue suite des œuvres déjà réalisées, elle est surtout l'aboutissement d'un processus de création qui m'est propre. Particulièrement lent et méthodique - voire laborieux - , il est constitué de phases successives d'observation et de recherches (photos, dessins, maquettes). Il agit comme une décantation, un procédé alchimique dont le but est de révéler, dans la toile aboutie l'essence des choses.

Peut-être faut-il reprendre la fameuse citation de Picasso, « l'inspiration existe mais elle doit te trouver au travail ». Pour répondre à la question, on pourrait alors diviser le nombre de jours de travail d'un artiste par le nombre d’œuvres réalisées au cours de sa vie... C'est donc une question sans réponse. En revanche, si vous désirez en apprendre davantage sur mon processus de création, je vous invite à vous inscrire dans mes contacts privés en cliquant sur ce lien.

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Quelques touches de rose

Aimez-vous le rose ? La réponse est souvent négative tant cette couleur souffre de préjugés dans notre société. Entre « Voir la vie en rose », expression popularisée par Édith Piaf avec sa « part de bonheur » et son « cœur qui bat la la, la la, la la... », l'opposition caricaturale du rose et du bleu catégorisant le sexe des enfants, les saveurs un peu écœurante des […]

Aimez-vous le rose ? La réponse est souvent négative tant cette couleur souffre de préjugés dans notre société. Entre « Voir la vie en rose », expression popularisée par Édith Piaf avec sa « part de bonheur » et son « cœur qui bat la la, la la, la la... », l'opposition caricaturale du rose et du bleu catégorisant le sexe des enfants, les saveurs un peu écœurante des sucreries, les histoires à l'eau de rose, en passant par le téléphone rose, les associations réductrices ne manquent pas !

Pourtant, dans d'autres cultures, le rose peut symboliser des valeurs bien plus subtiles : la sagesse en Inde, en association avec le dieu Ganesh ou la fragilité de la vie au Japon, matérialisée par l'éphémère saison des cerisiers en fleurs. Il n'y a pas que les roses qui sont roses, mais aussi les azalées, les camélias, les pivoines, etc !

Et maintenant, si vous abandonniez les clichés pour regarder le monde avec audace et liberté, comme Gauguin ou Fra Angelico ! Rose la plage de sable sous les sabots des chevaux, roses les vêtements des hommes, rose le tapis d'aiguilles de pin que vous foulez en forêt, rose la montagne teintée des lueurs de l'aurore, roses les maisons des villes scandinaves, italiennes ou indiennes, le bitume de la chaussée de certaines rues de Tokyo...

En peinture, le rose est une couleur magnifique et lumineuse ! Les enfants savent qu'on l'obtient en mettant une pointe de rouge dans du blanc. Mais selon que vous employez un rouge vermillon ou une laque de garance, vous obtiendrez un rose saumon ou un fuchsia. En réalité, il y a autant de nuances de roses qu'il y a de nuances de gris !

Le rose s'est immiscé dans ma peinture avec lenteur et discrétion. Dans mes toiles, en couches sous-jacentes, il procure une chaleur et une douce harmonie. Il agit comme un terreau sur lequel la forêt se déploie, la montagne se dresse, la ville se bâtit. En quelques touches, il vibre et illumine, s'opposant aux autres couleurs ou s'y fondant.

Si vous avez réussi à dépasser vos préjugés, allez voir mes œuvres en cliquant sur le lien et amusez-vous à identifier celles de mes compositions qui ont contiennent du rose. Puis n'hésitez pas à me faire part de vos préférences !

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Plongez dans un lac de montagne !

Le but est atteint. Il n'est pas question de redescendre. Quelque chose retient, invite à l'arrêt, à la contemplation. Est-ce la configuration du lieu - espace évasé et protecteur mais non vertigineux ? Sont-ce ses couleurs changeantes – vert émeraude […]

Êtes-vous attiré par les lacs de montagne ? Je ne parle pas des grands lacs emplissant le fond d'une vallée dont l'étendue est si vaste qu'on se croirait au bord de la mer. Non, je parle des lacs haut perchés. Nécessitant plusieurs heures de marche sur des pentes souvent raides, voire vertigineuses, ils ne se donnent pas facilement.

Un départ tôt le matin, une bonne paire de chaussures de randonnées, un sac à dos contenant le déjeuner et quelques objets de première nécessité sont les conditions minimales requises que cette destination partage avec les autres balades en montagne – cascades, cols ou sommets avec vue exceptionnelle, curiosités géologiques, animaux, etc. Cependant, le lac de montagne a un statut spécial.

Qu'est-ce qui le rend si particulier ? Le randonneur, sitôt arrivé, pousse un soupir de ravissement et cherche le meilleur endroit pour poser son sac. Le but est atteint. Il n'est pas question de redescendre. Quelque chose retient, invite à l'arrêt, à la contemplation. Est-ce la configuration du lieu - espace évasé et protecteur mais non vertigineux ? Sont-ce ses couleurs changeantes – vert émeraude, bleu turquoise ou gris perle – qui invitent à s'y plonger malgré la température de ses eaux ? Ou bien son miroir profond au tain à peine voilé par le vent des cimes, qui nous fascine, aspirant notre regard, nous faisant oublier la fuite du temps, unissant dans ses reflets notre esprit apaisé à celui de l'univers ?

Peut-être toutes ces raisons à la fois. Quand je suis face à un lac de montagne, je me sens soudain en paix et un bonheur intense m'envahit. C'est pourquoi, j'ai souvent représenté ce motif dans mes séries de montagnes – Leukerbad et Sixt.

Pour plonger dans un lac de montagne, cliquez vite sur ce lien !

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