OLIVIER MOREL OLIVIER MOREL

Huit

Une peinture peut-elle avoir un sens caché ? Certaines œuvres dont l'interprétation semble évidente requièrent parfois une lecture plus attentive. En témoigne ma composition intitulée Huit. En 2011 […]

Une peinture peut-elle avoir un sens caché ? Certaines œuvres dont l'interprétation semble évidente requièrent parfois une lecture plus attentive. En témoigne ma composition intitulée Huit.

En 2011, j'ai été lauréat, avec une douzaine d'autres peintres, de la fondation Colas. Sélectionné sur dossier artistique constitué d’œuvres inspirées du Japon, je devais réaliser une peinture sur le thème de la route.

Pour répondre à la commande, j'ai décidé de me lancer dans une nouvelle série, 1001 nuits, inspirée d'un récent séjour en Inde. J'avais pris de nombreuses photos en voiture à l'occasion des très longs déplacements. Les visions furtives de créatures fantomatiques souvent tronquées – humains et animaux confondus –, dans une lumière poudreuse et dorée, me hantaient. Il était temps de les faire revivre.

J'ai choisi assez vite la composition destinée à la fondation mais le travail sur commande est toujours un défi. Afin de me familiariser avec l'atmosphère spécifique de l'Inde, j'ai commencé par une autre composition intitulée Porcs et vaches. Sur un fond brossé d'ocre beige, deux vaches et de nombreux cochons se nourrissent d'une décharge sauvage dans la campagne. La scène est presque abstraite, animaux et emballages multicolores sont traités en larges touches, se détachant à peine du paysage.

Cet essai étant concluant, j'ai réalisé ensuite une petite version – 89 x 116 cm - de la toile que je destinais à la fondation Colas – 114 x 146 cm. Pour éviter la répétition, et l'ennui qui en découle, je m'arrange toujours pour introduire des différences entre les travaux que je réalise à partir d'un même motif. Ainsi la lumière de la version définitive est plus rose que celle de la première.

Dans un paysage de campagne, un bouvier, le bâton sur l'épaule, le buste enveloppée dans un tissu bleu prune, mène un troupeau de vaches. La scène pourrait sembler anecdotique si la hauteur imposante des bêtes, leur robe sombre et la longueur des ombres n'apportaient une touche de solennité. En partie cachée par le bouvier, une borne kilométrique, comme celles que l'on trouvait autrefois sur les routes de France, porte le chiffre 8, donnant son titre aux deux versions. Je n'ai pas choisi ce chiffre, il est cependant une coïncidence heureuse, amplifiant l'interprétation spirituelle de l’œuvre.

« De même qu'avec un bâton le bouvier conduit les vaches à la pâture, ainsi font la mort et l'âge qui conduisent à leur fin la vie des existences. » - Dhammapada, 135.

Si vous désirez découvrir les peintures de la série 1001 nuits, cliquez vite sur ce lien.

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Être forêt, être montagne

« Je pense donc je suis » est un précepte erroné. Penser n'est pas être, être n'est pas penser. Penser est une activité intellectuelle tandis qu'être implique une expérience réelle, physique et sensorielle. Pour peindre une montagne ou peindre une forêt, il me faut […

Aimez-vous Descartes ? Ou êtes-vous comme Nicole Krauss qui, dans son beau roman, La forêt obscure, déclare « Je déteste franchement Descartes [...] » ? En cause, un passage du Discours de la Méthode où le philosophe expose sa méthode pour sortir d'une forêt dans laquelle des promeneurs se seraient perdus : « […] marcher toujours le plus droit qu'ils peuvent vers un même côté [...] : car, par ce moyen, s'ils ne vont justement où ils désirent, ils arriveront au moins à la fin quelque part, où vraisemblablement ils seront mieux que dans le milieu d'une forêt. »

Cette dissociation entre l'homme et son environnement, ce refus de l'intuition, cette application froide de la raison consistant à nier ses désirs pour « arriver à la fin quelque part » me déplaisent profondément. Comme Nicole Krauss, je déteste franchement Descartes car je suis mieux dans le milieu de la forêt qu'à marcher droit.

« Je pense donc je suis » est un précepte erroné. Penser n'est pas être, être n'est pas penser. Penser est une activité intellectuelle tandis qu'être implique une expérience réelle, physique et sensorielle. Pour peindre une montagne ou peindre une forêt, il me faut être montagne ou être forêt - et non pas Penser comme une montagne, titre du court essai d'Aldo Leopold. Il faut ne faire qu'un avec le motif afin de restituer ce qui le constitue, son énergie interne, sa structure. Être forêt, être montagne, c'est sentir en soi la puissance des arbres et des roches, la circulation de la sève, la sédimentation, le déploiement des feuilles, le roulement des eaux.

Cette expérience rapproche la pratique de la peinture de celle du zen décrite par Taisen Deshimaru : « Si nous regardons une montagne, par exemple, nous pouvons, bien sûr, la considérer sous un angle objectif, l'analyser scientifiquement, la faire entrer dans la catégorie du discours. Mais dans le Zen, on devient la montagne. […] Devenir la montagne, la fleur, l'eau, le nuage... » (La pratique du Zen).

C'est à vivre cette expérience d'être forêt, d'être montagne que mes toiles vous convient. Pour les découvrir, cliquez sur ce lien.

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Notes de ma cabane (l’exposition)

Connaissez-vous Chamalières ? Si ce n'est pas le cas, c'est le moment d'y aller car j'y expose mes dernières œuvres. Et si vous connaissez déjà, vous ne résisterez pas au plaisir de […]

Connaissez-vous Chamalières ? Si ce n'est pas le cas, c'est le moment d'y aller car j'y expose mes dernières œuvres. Et si vous connaissez déjà, vous ne résisterez pas au plaisir de retrouver cette petite ville cossue, au charme très XIXe siècle, située aux portes de Clermont-Ferrand.

C'est l'endroit idéal pour découvrir, loin de l'agitation urbaine, les toiles de mon exposition Notes de ma cabane. Celle-ci regroupe des peintures de Forêts, de Sixt et aussi de Cabanes, qui font le lien entre forêt et montagne.

Dans son récit Notes de ma cabane de moine, datant de 1212, Kamo No Chômei, un ancien fonctionnaire japonais ayant pris la robe de moine bouddhiste, évoque d'une écriture simple et touchante son retrait du monde et la notion d'impermanence.

Aujourd'hui, à l'ère du numérique et des télécommunications, il semble difficile, et risqué, pour qui serait tenté, de s'extraire de la société. C'est pourquoi Notes de ma cabane est une invitation à vivre cette expérience en douceur.

« Montagnes, lacs ou forêts apparaissent dans une candeur d’aube, de nuit ou de jour originels. Là, tout est calme et tranquille. Concentré, le regardeur se sent tomber dans l’ailleurs d’une méditation proche d’une douce rêverie jusqu’à ce que, incertitude qui nous vient des rêves ou éveil subreptice, les sens bifurquent. » (Texte de Camille Fallen écrit pour l'exposition)

L'exposition Notes de ma cabane se poursuit jusqu'au 13 janvier 2024 à la galerie Louis Gendre, 7, rue Charles Fournier, 63400 Chamalières. Pour en savoir plus sur l'exposition, cliquez vite sur ce lien.

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Estampes numériques

Que pensez-vous de l'art numérique ? Aujourd'hui, il en est beaucoup question. Avec les NFT et l'A.I. appliquée à la création de l'image, tout est bon pour alimenter le débat intellectuel mais aussi la spéculation financière, occultant […]

Que pensez-vous de l'art numérique ? Aujourd'hui, il en est beaucoup question. Avec les NFT et l'A.I. appliquée à la création de l'image, tout est bon pour alimenter le débat intellectuel mais aussi la spéculation financière, occultant la question du rapport entre l'art et l'informatique.

Avant d'entrer aux Beaux-Arts de Paris, j'ai passé un diplôme d'ingénieur en électronique. Du fait de ma formation scientifique, j'ai toujours porté un regard détaché sur l'informatique, la voyant comme un outil au service de l'humain et non comme la créature mi-démiurge mi-monstrueuse que les médias dépeignent souvent.

Longtemps, je l'ai tenue à distance de la création : écriture de textes, rédaction d'un cv, constitution de dossiers, catalogage, etc. Puis, la gestion des photos m'a amené à me servir d'un logiciel de retouche d'images. Découvrant son potentiel, j'ai fait tomber progressivement les barrières en l'employant dans le domaine de l'édition pour corriger mes dessins ou pour effectuer des collages numériques.

Lorsque mon épouse m'a offert une tablette graphique pour mon anniversaire, je suis resté dubitatif. Il m'a fallu plus d'un an pour m'en emparer. Le glissement de la pointe dure du stylet sur la surface lisse et brillante de l'écran me semblait à l'opposé de ma pratique et du plaisir que j'éprouve à employer des outils traditionnels – papier, crayons, encre, aquarelle.

Le déclic a eu lieu à Sixt. Je suis parti en montagne en remplaçant mon carnet de croquis par la tablette. Après avoir tâtonné dans la sélection des outils et l'apprentissage des commandes, j'ai commencé à réaliser des dessins d'un nouveau genre. La possibilité d'annuler les dernières opérations, de modifier le format du support, de combiner des effets très divers – sans avoir à transporter dans son sac tout le matériel habituel -, de superposer des calques sont des avantages indiscutables par rapport aux techniques classiques.

Certes, la virtualité de l'image est frustrante comparée à la sensualité d'un dessin sur papier vélin. Pour éviter la comparaison, il faut prendre une autre direction.

Cette année, j'ai renouvelé l'expérience en testant de nouveaux procédés. J'ai même réussi à dessiner sous la pluie. A l'abri sous un sapin, l'eau dégoulinant de toutes parts, la tablette est restée insubmersible !

Pour l'exposition Notes de ma cabane, la galerie Louis Gendre m'a proposé de réaliser une édition d'estampes numériques. Nous avons sélectionné six compositions. Les tirages mats, de format environ 30 x 40 cm, sur papier Hahnemhülhe 300g/m² sont de toute beauté. Les couleurs sont fidèles à celles de l'écran. Ce sont des œuvres originales multiples. Tirées en 10 exemplaires chacune, elles sont en vente en exclusivité par la galerie Louis Gendre. N'attendez pas trop longtemps car les premiers tirages sont moins chers que les suivants. Pour voir les estampes sur le site de la galerie, cliquez sur ce lien.

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Cabanes

Qui, dans son enfance, n'a jamais construit une cabane dans les bois, bercé par les histoires de Robinson Crusoë ou de L'appel de la forêt ? Construire sa propre cabane c'est prendre son destin en main, quitter […]

Qui, dans son enfance, n'a jamais construit une cabane dans les bois, bercé par les histoires de Robinson Crusoë ou de L'appel de la forêt ? Construire sa propre cabane c'est prendre son destin en main, quitter sa famille, partir à l'aventure, et conquérir de nouveaux territoires, à la fois inquiétants et riches de promesses et de découvertes.

Henri David Thoreau, dans son récit autobiographique, Walden ou la vie dans les bois, adosse sa propre expérience à celle des peuples Indiens autochtones et des premiers trappeurs, cherchant à retrouver une simplicité et une économie de vie à l'opposé de la nouvelle société de consommation américaine. Marielle Macé, dans Nos cabanes, se fait l'écho des luttes contre la marchandisation des terres et leur saccage. Dans les deux cas, il s'agit de squatter la terre, à la marge, pour la préserver. Mes peintures de cabanes obéissent à cette même nécessité.

Ma première toile de cabane, intitulée La maison dans la forêt, remonte à 2014. C'était la première peinture que je peignais dans mon atelier fraîchement rénové, comme un symbole d'un nouveau chez-moi. Elle fait référence à l'habitat des Indiens Ahwahnechee qui vivaient dans la vallée de Yosemite en Californie avant l'arrivée des blancs.

Par la suite, j'ai opéré une synthèse entre le chalet d'alpage du Valais ou de Haute-Savoie, la maison indienne et la tradition érémitique orientale, surtout chinoise et japonaise, à travers les œuvres de Bada Shanren (Chu Ta) et Shitao, et les écrits de Ryokan ou Kamo No Chomei. La cabane en bois apparaît comme un idéal de vie en autarcie, un refuge, loin de l'agitation urbaine, offrant la possibilité de se concentrer sur les valeurs essentielles de la vie : l'observation du monde, de la nature, du cosmos, le développement de la vie intérieure, la méditation sur l'impermanence.

La série des peintures de Cabanes relie verticalement les Forêts aux montagnes de Sixt. Ayant arpenté certains versants, je me suis approprié un lieu précis, une petite prairie isolée où se dressent deux cabanes. Je me suis assis sur le seuil en pierre, vivant comme un ermite.

Les chaudes teintes résineuses du bois, grisé par les pluies, noirci de goudron ou brûlé, couronné d'un toit de tôle argentée aux longues traînées de rouille, ou d'ardoises lourdes, offrent une riche gamme chromatique à la palette du peintre.

Est-ce rêve ou réalité ? A l'heure où la Terre est scrutée par des milliers de satellites, où il est difficile de se passer de son téléphone portable, une pause est bienvenue. Même s'il ne s'agit que d'un fantasme, la peinture lui donne un semblant de réalité. Pour accéder au rêve de cabane, et en savoir plus sur mon exposition Notes de ma cabane à la galerie Louis Gendre, contactez-moi en cliquant sur ce lien.

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Commode aliénée

Avez-vous déjà rencontré un aliéné ? Pas de panique ! Un aliéné est un meuble du Mobilier National qui a été déclassé.
Le Mobilier National a invité des artistes contemporains à donner une nouvelle vie aux aliénés. On m'a proposé de […]

Avez-vous déjà rencontré un aliéné ? Pas de panique ! Un aliéné est un meuble du Mobilier National qui a été déclassé.

Le Mobilier National a invité des artistes contemporains à donner une nouvelle vie aux aliénés. On m'a proposé de participer à l'édition 2023 en m'attribuant une commode Restauration en noyer massif. J’ai tout de suite pensé à la technique de la gravure sur bois comme mode d’intervention. Dans la veine de ma série de gravures de Lotus, j'ai imaginé transformer la commode en massif de lotus.

Je me suis inspiré de photos prises lors d'un séjour à Koyasan, au Japon. Sur ce mont sacré, berceau de l'école bouddhique Shingon, les moines cultivent en pot des lotus dont les larges feuilles et les fleurs éclatantes ondoient au sommet de leurs tiges élancées.

Le massif s'est déployé naturellement hors du meuble. J'ai décidé d’exécuter cette « extension » en gravure sur bois afin de conserver une même tension de trait que pour la commode. Une maquette et plusieurs simulations numériques ont été réalisées.

Il y a comme un sacrilège à s'attaquer à un meuble du Mobilier National. En décollant le plateau et en ôtant les poignées des tiroirs, j’ai pris possession de l’objet sans retour en arrière possible.

Les étapes se sont enchaînées avec naturel : dessin du motif au fusain sur la commode habillée de papier et sur l’extension, décalque à la sanguine, report sur le meuble au monotype complété par un tracé au pinceau et à la gouache noire,transfert inversé sur les bois de l'extension retravaillé à la gouache, gravure des bois à la gouge…

Enfin, j’ai gravé la commode ! Au plus proche de l'épiderme, j'ai pensé à la vie de l'arbre qui a donné le bois, à celle du meuble, à celui qui l'avait fabriqué, à ceux qui l'ont utilisé, à celui qui l'a restauré.

Dès le premier sillon creusé à la gouge, l'exaltation m’a envahi, née du corps à corps avec la commode. Il a fallu la basculer, franchir les filets en saillie ou les fossés, accompagner la gouge dans les courbes sinueuses des feuilles de lotus en conservant pression et souplesse.

Une fois le meuble gravé, j'ai encré les tailles avec une encre japonaise de qualité, d'un noir profond et bleuté, prenant un aspect satiné ou mat en fonction de la densité du bois. Tandis que les sillons poreux absorbaient le liquide, la surface vernie du bois le repoussait. Un essuyage au chiffon a permis d'obtenir un tracé bien propre.

La commode Lotus sera exposée au Mobilier National à partir du 11 octobre. Pour en savoir plus, contactez-moi en cliquant sur ce lien.

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Roulage et traces

Avez-vous déjà assisté au tissage d'un tapis en haute-lice ? C'est une expérience extraordinaire ! Profitez des Journées du Patrimoine, les 16 et 17 septembre, pour voir tisser en direct mon tapis Labyrinthe 2K2, 1 rue Berbier du Mets, 75013. Deux ans déjà ! Le tissage a débuté en […]

Avez-vous déjà assisté au tissage d'un tapis en haute-lice ? C'est une expérience extraordinaire ! Profitez des Journées du Patrimoine, les 16 et 17 septembre, pour voir tisser en direct mon tapis Labyrinthe 2K2, 1 bis rue Berbier du Mets, 75013.

Deux ans déjà ! Le tissage a débuté en octobre 2021. J'y suis retourné en février et mars 2023 à l'occasion de deux phases importantes de sa réalisation : le roulage et les traces.

Le roulage a pour but d'enrouler sur un cylindre de bois la partie du tapis qui vient d'être achevée afin de poursuivre le tissage. Cette partie représente une bande d'environ 45 cm de haut. Dans le cas de ma composition, elle correspond à une rangée de motifs. Il en reste encore huit de même hauteur à tisser.

Le roulage est une opération extrêmement délicate qui nécessite la mobilisation de 6 à 8 personnes. Après avoir détendu les fils de chaîne en rehaussant le cylindre inférieur à l'aide d'une vis sans fin à chaque extrémité du métier, il faut débloquer le cylindre supérieur puis enrouler le tapis en faisant tourner le cylindre inférieur. Afin d'éviter tout décalage dans le roulage, chaque extrémité du cylindre est manipulée par deux licières de façon coordonnée. On entend de gros craquements !

Une fois le roulage effectué, l'équipe mesure avec précision un décalage éventuel et consigne toutes ses observations dans le journal de bord. La tension de chaque fil de chaîne est vérifiée et réglée si besoin par une licière harnachée qui déambule en équilibre sur une poutre.

L'étape des traces consiste à dessiner sur les fils de chaînes le contour des motifs qui vont être tissés. Les licières emploient un mélange d'encre de Chine et de colle ou des feutres acryliques. Elles s'aident d'une reproduction à échelle 1 de la composition obtenue à partir de calques, glissée entre la chaîne avant et la chaîne arrière. La trace est une véritable interprétation du motif qui guidera ultérieurement la licière lors du nouage des points. Sur les fils de lin, le nouveau motif apparaît de façon presque fantomatique.

Si vous êtes passionné(e) par cette aventure, qui va durer encore quelques années, et désirez en savoir davantage contactez-moi par la messagerie en cliquant sur ce lien.

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Crânes du Valais

Faut-il que l'art soit toujours joyeux et coloré afin de séduire à coup sûr le spectateur ? Si le baromètre d'appréciation d'une œuvre d'art est le nombre de likes que sa publication sur les réseaux sociaux affiche, la réponse est clairement oui. Pour l'artiste, une œuvre rassurante – qui ne dérange pas - est le gage d'une […]

Faut-il que l'art soit toujours joyeux et coloré afin de séduire à coup sûr le spectateur ? Si le baromètre d'appréciation d'une œuvre d'art est le nombre de likes que sa publication sur les réseaux sociaux affiche, la réponse est clairement oui. Pour l'artiste, une œuvre rassurante – qui ne dérange pas - est le gage d'une bonne réception et facilite la vente. Pourtant, la question ne devrait pas se poser. L’œuvre n'a pas à être « aimable » ou « désagréable ». Elle est. Elle naît d'une nécessité.

Quand j'étais enfant, j'étais fasciné – effrayé et attiré à la fois – par la mort et ses représentations. Ma première rencontre avec un vrai crâne eut certainement lieu dans un musée face à une momie. Plus tard, j'ai été impressionné par les Catacombes de Paris. A vingt ans, je m'identifiais aux artistes expressionnistes allemands et écoutais la musique de groupes underground comme Dead Can Dance.

A mon entrée aux Beaux-Arts de Paris, j'ai pris mes distances avec ces formes d'expression, m'engageant dans un travail sur les forêts. En 2008, alors que je passais mes vacances en Suisse dans le Valais, j'ai visité l'église de Leuk et je me suis retrouvé par surprise face à un ossuaire. La mise en scène impressionnante - alternance de murs de crânes empilés et de fresques représentant la danse des morts, encadrés de tentures de velours rouge et de sentences - m'a beaucoup marqué.

De retour à Paris, la nécessité de réaliser une « vanité collective » s'est imposée à moi sept ans plus tard. J'ai entamé une première grande toile – 150 x 210 cm – mais suis tombé dans une impasse. J'ai dû entreprendre des études plus petites puis, après trois semaines d'interruption, j'ai peint une toile de format plus modeste – 130 x 162 cm - avec fluidité. Je l'ai intitulée Crânes du Valais en référence aux produits de la vallée du Rhône : abricots du valais, pommes du Valais...

Par la suite, j'ai représenté la même composition à la pointe sèche sur cuivre. J'ai aussi gravé un détail sur linoleum dont j'ai assemblé plusieurs dizaines de tirages afin de recréer le mur de crânes. Cliquez ici pour découvrir la toile en entier.

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Peinture-cible

Guidant sa monture à l'aide de ses genoux, chaque cavalier arme son arc et tire en poussant un cri strident au passage de la cible. La tension, autant spirituelle que physique, est extrême. Le corps du cavalier est tendu comme son arc. Le cheval […]

Vous êtes-vous déjà réjoui d'avoir franchi une étape décisive dans votre vie ? Après l'aboutissement d'un projet important, vous ressentez que plus rien ne sera jamais comme avant. Non pas qu'un sommet ait été atteint - car vous allez poursuivre l'action engagée – mais que rien ne pourra l'arrêter ni effacer ce qui vient d'être réalisé. Ma toile Peinture-cible est pour moi l'une de ces étapes décisives.

En 2008, le hasard m'a permis d'assister, non loin du temple Sensoji à Asakusa à Tokyo, à une cérémonie appelée Yabusame. J'en ignorais l'existence et n'en donnerai pas la signification ici. Yabusame se déroule sur une piste de terre longue d'environ 250 m. A intervalles réguliers, trois cibles constituées d'un panneau de bois carré sont fixées à deux mètres de hauteur au sommet d'un mat en bambou de fort diamètre. Chaque cible est placée devant un grand voile de couleur bleu turquoise. La piste est séparée de la rue, des piétons, des vélos et des voitures qui l'empruntent, d'un long tissu blanc ponctué de signes circulaires noirs.

A tour de rôle, des cavaliers-archers, en habit de l'époque de Kamakura, déboulent au galop de l'une des extrémités de la piste et tentent d'atteindre les trois cibles à l'aide de leurs flèches. Guidant sa monture à l'aide de ses genoux, chaque cavalier arme son arc et tire en poussant un cri strident au passage de la cible. La tension, autant spirituelle que physique, est extrême. Le corps du cavalier est tendu comme son arc. Le cheval va si vite sur la piste étroite, soulevant des nuages de sable, que l'archer décoche souvent sa flèche trop tard. Mais quand la cible est atteinte, elle éclate en dispersant des pétales de fleur de cerisier.

Quand j'ai peint Peinture-cible, j'ai eu la sensation d'être dans la même disposition que le cavalier que je représentais, concentré et le corps en pleine harmonie avec mon esprit et la surface de la toile. Tandis que le bruit des marteaux-piqueurs retentissait à côté de mon atelier, chaque coup de pinceau était empreint de justesse, de sobriété et d'efficacité, comme une flèche atteignant sa cible. Quand la peinture a été achevée, j'ai eu très nettement l'impression qu'une étape importante venait d'être franchie dans mon travail. Plus rien ne pourrait désormais affaiblir ma pratique Si vous désirez voir Peinture-cible en entier, cliquez vite sur ce lien.

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La tête dans les nuages

« Sous un ciel sans nuages », « les nuages s'amoncellent », « avoir la tête dans les nuages », les d'expressions employant le mot nuage lui attribuent un sens généralement négatif. Dans notre société rationnelle, qui privilégie un soleil radieux dans un ciel d'azur, il est un […]

« Sous un ciel sans nuages », « les nuages s'amoncellent », « avoir la tête dans les nuages », les d'expressions employant le mot nuage lui attribuent un sens généralement négatif. Dans notre société rationnelle, qui privilégie un soleil radieux dans un ciel d'azur, il est un signe menaçant, annonciateur de problèmes, synonyme de chagrin et d'absence de lien avec la réalité.

Pourtant, il n'est pas loin le temps de l'enfance où, allongé dans l'herbe, on se laissait aller à contempler les nuages et à leur trouver une ressemblance avec un visage, un animal... Les nuages sont hors-sol, vaporeux, en perpétuelle transformation, insaisissables.

En ville, par-dessus les hauts bâtiments enserrant les rues asphaltées, ils défilent sans entrave, rare manifestation d'une nature trop souvent réprimée. Ils sont le souffle vital, la puissance indomptée, apportant la pluie qui rend la vie terrestre possible, les représentants des forces cosmiques.

En montagne, la rencontre avec un nuage s'apparente à tête-à-tête avec un animal monstrueux mais silencieux et pacifique. Le randonneur est absorbé par la masse cotonneuse, qui glisse avec lenteur entre les hautes fûts des sapins et avale les rochers. Le paysage se nimbe de mystère, des pics se dissolvent, d'autres surgissent, le temps s'effiloche, c'est le temps du rêve.

En peinture, les nuages sont une bénédiction. Ils captent les lueurs chaudes du levant et du couchant, filant des cotonnades roses, oranges et mauves. Ils dévident sous le ciel leurs rouleaux blancs et gris violacés, transmutent l'outremer de l'océan en émeraude et indigo, vaporise leurs ombres bleues sur les reliefs. J'ai beaucoup représenté les nuages dans mes peintures. Partez à leur recherche en cliquant sur ce lien vers mes œuvres !


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Été japonais

Quelles sont les saveurs de l'été ? Ce sont souvent celles des vacances, avec lesquelles l'été se confond, bien que sa durée soit plus longue et rime aussi avec travail. Pour certains, ce sont les saveurs rassurantes de déplacements annuels ritualisés, pour d'autres celles inconnues de voyages lointains. En juin, je suis retourné au Japon, sur l'île de […]

Quelles sont les saveurs de l'été ? Ce sont souvent celles des vacances, avec lesquelles l'été se confond, bien que sa durée soit plus longue et rime aussi avec travail. Pour certains, ce sont les saveurs rassurantes de déplacements annuels ritualisés, pour d'autres celles inconnues de voyages lointains.

En juin, je suis retourné au Japon, sur l'île de Kyushu plus précisément. Difficile de décrire les saveurs estivales japonaises car elles échappent à nos habitudes, à nos classifications. C'est pourquoi je les apprécie tant. Subtiles, elles obligent à déployer une attention accrue à ce qui nous entoure. Gammes en demi-teinte auxquelles s'opposent les couleurs criardes des enseignes publicitaires, goûts sucrés-salés, à peine prononcés, que certains palais qualifient de fade, balayés par l’âcreté d'un soja fermenté. Tout est dans la nuance, l'entre-deux, la délicatesse, dans la moindre manifestation de la vie.

Kyushu est apparue dans la brume de ses ciels de mousson et les fumées de ses eaux thermales jaillissant du sol. A la moiteur de l'air qui embue le regard et l'objectif de l'appareil photographique s'ajoute le trouble du décalage horaire. Dans la chambre du ryokan, le miroir est voilé pour éviter une confrontation accidentelle et brutale avec soi-même. Derrière la vitre de l'aquarium, l’œil rond et naïf des calamars parcourus de d'étincelles versicolores semble pardonner celui qui les dégustera en sashimi.

La dentelle bleu pâle des hydrangéas frange le bord des étangs dont le miroir étincelle de l'éclat des nymphéas. Les montagnes douces ondulent à perte de vue, ordonnées comme un jardin botanique. Les longues plages bordées de pins noirs sont comme d'un autre temps, désertes. Elles s'ouvrent sur une mer ponctuée d'îles bleu-vert en forme de cloches, barrées du trait noir des digues anti-tsunami. Il est prudent d'emporter avec soi son parapluie-parasol qui servira en alternance à se protéger de l'eau et du feu. Tant d'images, tant de saveurs ! Il est temps de reprendre le chemin de l'atelier ! Si vous désirez être mis au courant des prochaines œuvres inspirées du Japon, rejoignez vite les contacts privés en cliquant sur ce lien.

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Saisir l’instant

Les lieux que nous aimons sont-ils éternels ? Nous les fréquentons depuis l'enfance ou nous les avons découverts, adulte, au gré de nos voyages. Ils constituent une sorte de géographie mentale à laquelle nous nous référons sans cesse. Y retourner est gage de ressourcement, y penser une évasion mentale qui permet de […]

Les lieux que nous aimons sont-ils éternels ? Nous les fréquentons depuis l'enfance ou nous les avons découverts, adulte, au gré de nos voyages. Ils constituent une sorte de géographie mentale à laquelle nous nous référons sans cesse. Y retourner est gage de ressourcement, y penser une évasion mentale qui permet de tenir dans les moments difficiles.

Nous les croyons permanents. Quand le monde semble vaciller , ils sont le point fixe, immuable. Ils nous rassurent, ils nous apaisent.

Pourtant, ces lieux sont fragiles. Le vieux quartier où nous aimions nous promener a été rasé, laissant la place à des barres d'immeubles. Un autre est envahi par des hordes de touristes. Le littoral sauvage est devenu lotissement. L'accès des dunes est interdit par souci de protection.

La montagne nous semblait préservée, imposant sa silhouette hiératique, ses neiges éternelles. Mais la neige fond, les glaciers reculent, les parois rocheuses basculent avec fracas, modifiant profondément sa physionomie.

En peignant les lacs du massif du Haut-Giffre – Anterne, les Chambres, la Vogealle, Gers, les Laouchets - j'ai cherché à fixer ce sentiment de bien-être intense face au miroir profond qui aspire le regard, nous faisant oublier la fuite du temps, et unit dans ses reflets notre esprit apaisé à celui de l'univers.

Mais l'été dernier, avec la canicule, les rives se sont asséchées, le bleu et le vert des eaux se sont dilués dans la boue, la terre crevassée a dévoilé des roches blanchies comme des os de dinosaure.

L'urgence climatique met en lumière une mission importante de l'artiste : saisir l'instant qui va disparaître afin de restituer, dans le futur, le passé. La peinture est le conservatoire des lieux éphémères, engloutis. Elle témoigne de ce qui a été et n'est plus. Pour accéder aux lacs, cliquez sur ce lien.

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Une bulle de temps

Peut-on s'arrêter de photographier ? Aujourd'hui, prendre une photo n'est plus un problème. Il suffit de sortir son smartphone et clic, c'est dans la boîte ! Les photos s'empilent sur la carte mémoire sans qu'on ait besoin de gérer quoi que ce soit. Même si j'utilise un appareil-photo, […]

Peut-on s'arrêter de photographier ? Aujourd'hui, prendre une photo n'est plus un problème. Il suffit de sortir son smartphone et clic, c'est dans la boîte ! Les photos s'empilent sur la carte mémoire sans qu'on ait besoin de gérer quoi que ce soit.

Même si j'utilise un appareil-photo, j'accumule moi aussi les images numériques, multipliant les prises de vues par peur de passer à côté d'un motif ou de rater un cliché. Du coup, il m'est difficile d'être totalement présent à ce que je vis, pris par l'habitude de cadrer mentalement, et la culpabilité de ne rien faire.

En automne dernier, je me promenais dans la forêt de Monfort-sur-Risle, le lieu de mes toiles de Forêts. La saison de la chasse avait débuté. Je portais un gilet fluorescent pour éviter de prendre un plomb. Malgré le danger, je désirais explorer une zone où je n'étais jamais allé, une parcelle plantée de jeunes pins. Au milieu des arbres dépassant à peine 3m, marchant par les allées envahies de fougères, j'espérais rencontrer des animaux.

Mon attente ne fut pas déçue. Après avoir réveillé un gros sanglier qui fila comme un boulet de canon, je rencontrais un jeune chevreuil, aussi surpris que moi, au milieu de l'allée. Tombés en arrêt à 5 m l'un de l'autre, nous nous fixâmes mutuellement du regard. J'étais pétrifié.

Immédiatement, je pensais le prendre en photo. Pour cela, il me fallait baisser mon bras droit lentement puis glisser ma main dans la poche de mon pantalon pour en extraire mon téléphone portable. La succession des gestes risquait cependant d'effrayer le jeune promeneur. Finalement, je décidais de ne rien tenter et de savourer pleinement cette apparition.

Le temps était suspendu. Nous nous regardions sans nous lasser. Je lui murmurais cependant qu'il n'était pas prudent pour lui de se laisser subjuguer par mes semblables, surtout ceux qui possèdent un fusil. Un instant, il jeta un œil devant lui - sa mère sans doute n'était pas loin - puis il revint à sa contemplation. Enfin, après une éternité, il reprit sa foulée tranquille, disparaissant dans les fourrés.

C'est alors que je découvris que mes mains reposaient sur mon appareil photo, suspendu en bandoulière. Je remerciais ma conscience d'être restée muette, me permettant de vivre intensément cette bulle de temps fragile, de la fixer dans ma mémoire plutôt que sur une carte-mémoire. Chaque peinture de Forêt est une bulle de temps. Savourer l'instant pour accéder aux Forêts en cliquant sur ce lien, c'est comme si un jeune chevreuil allait surgir !

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OLIVIER MOREL OLIVIER MOREL

Le monde en petit

Les jouets ont un côté magique. Les personnages et objets miniatures que l'enfant manipule – poupées, soldats de plomb, trains électriques, dînettes, maquettes - lui donnent l'impression d'être un géant qui peut faire et défaire le monde à sa convenance. Leur miniaturisation semble le résultat d'un charme mystérieux. L'acte de peindre n'est-il pas de même nature ? […]

Les jouets ont un côté magique. Les personnages et objets miniatures que l'enfant manipule – poupées, soldats de plomb, trains électriques, dînettes, maquettes - lui donnent l'impression d'être un géant qui peut faire et défaire le monde à sa convenance. Leur miniaturisation semble le résultat d'un charme mystérieux. L'acte de peindre n'est-il pas de même nature ?

Dans son essai intitulé Le monde en petit consacré aux jardins en miniature en Orient, Rolf Stein écrit "Faire tenir l'univers dans un espace le plus restreint possible, c'est bien là un acte magique...".

Sans vouloir rivaliser avec la puissance du bodhisattva Vimalakirthi capable d'introduire le mont Meru dans un grain de moutarde (Sutra de la Liberté inconcevable), représenter un paysage de montagnes dans un carnet de croquis ou sur une toile tient de l'enchantement !

Capturer nuages et vents, animer cascades et torrents, couvrir de neiges éternelles les cimes majestueuses, dresser des forêts de sapins, recouvrir les pentes d'un tapis d'herbe et de pierres, restituer la structure de la roche, les strates géologiques, déployer l'immensité de l'espace par plans successifs, sont les défis du peintre !

Zong Bing, peintre chinois des 4e et 5e siècle de notre ère, s'en émerveille dans son Hua Shanshui Xu (premier traité sur la peinture de paysage en Chine) : « Si donc on tend une pièce de soie blanche pour y faire (trans)paraître le lointain, et le mont Kunlun et le mont Langfeng peuvent être enchâssés sur une surface d'un pouce carré. »

Pour peindre la montagne, il faut convoquer les forces qui lui ont donné naissance pour la dresser dans un espace réduit. A la magie de l'acte de peindre succède la magie agissant sur le spectateur à la façon d'un élixir. Le spectateur peut se projeter et pénétrer dans la peinture, quelle que soit sa taille.

« Veut-il se délasser par une randonnée ? Il n'aura qu'à dessiner sur le sol de sa cabane le site qu'il entend hanter. » (Rolf Stein). A ma suite, je vous invite à vous entrer dans mes peintures. Pour cela, il vous suffit de cliquer sur ce lien pour accéder aux pages de Montagnes.

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Vidéo d’atelier

Comment dévoiler la vie de l'atelier sans interrompre une séance de travail ? La vidéo est une ressource intéressante et offre de nombreux scénarios à l'artiste en fonction de ce qu'il souhaite communiquer. J'ai tourné ma première vidéo de peinture en 2015 avec […]

Comment dévoiler la vie de l'atelier sans interrompre une séance de travail ? La vidéo est une ressource intéressante et offre de nombreux scénarios à l'artiste en fonction de ce qu'il souhaite communiquer.

J'ai tourné ma première vidéo de peinture en 2015 avec 30 minutes dans la maison dans la forêt. Lors d'une exposition, un visiteur m'avait demandé si j'utilisais un vidéoprojecteur pour bâtir mes compositions. J'avais été vexé qu'on puisse envisager que j'aie recours à un procédé de reproduction mécanique. Non que je sois satisfait de la qualité de mon dessin, mais par son imperfection même, ma démarche me semble à l'opposé d'un rendu réaliste photographique.

Piqué au vif, et pour éviter tout quiproquo, je décidais de dévoiler ce qui se passe dans l'atelier loin des spectateurs.

Peindre en se sachant filmé n'est pas évident, même si je suis l'opérateur. Régler les détails techniques en amont demande un surplus d'attention qui peut détourner de la concentration nécessaire pour peindre. Par ailleurs, quand la séance de travail se passe mal, on rend vite la caméra responsable du fiasco.

J'ai consacré 7 séances d'une demi-journée à Sixt 36, du 22/10/2021 au 11/11/2021, soit environ 28 heures de peinture.

Les séances sont ponctuées d'arrêts silencieux, de préparation des couleurs et d'une foule de gestes sans intérêt apparent – gratter les couteaux à palette, décaper un bouchon de pot de peinture, accélérer le séchage de la toile, etc. Par ailleurs, il m'arrive de recommencer dix à vingt fois avant de faire le bon geste. Pire encore, je peux effacer une ou plusieurs séances de travail en grattant...

Comment montrer sans lasser ? Une possibilité consiste à faire un montage de courtes séquences. C'est le cas de Forêt rose. Cela implique des changements de cadrage fréquents et, seul, c'est très compliqué. L'autre possibilité est de filmer sans interruption en accéléré. Le montage repose sur les coupes.

J'ai réalisé deux versions de Sixt 36. Dans la courte – 3:26 -, je n'ai conservé que les touches finales. Le résultat est spectaculaire mais peu représentatif du vrai travail. Dans la longue – 17:36 -, vous pourrez constater qu'il y a parfois des moments difficiles en peinture ! N'hésitez pas à m'indiquer votre version préférée en me contactant par la messagerie.

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Peinture et mode

Peinture et mode font-ils bon ménage ? C'est une question trop vaste pour y répondre car tout dépend de la nature de cette relation et de la qualité des partenaires. Pour ma part, c'est la première fois qu'on me propose de réaliser une collection de vêtements inspirée d'une de mes toiles pour la société Artist La Marque. Enfin, pas tout à fait la première fois […]

Peinture et mode font-ils bon ménage ? C'est une question trop vaste pour y répondre car tout dépend de la nature de cette relation et de la qualité des partenaires. Pour ma part, c'est la première fois qu'on me propose de réaliser une collection de vêtements inspirée d'une de mes toiles pour la société Artist La Marque. Enfin, pas tout à fait la première fois...

Le premier contact avec François Gadrey, son co-fondateur, a eu lieu en 2011. Je ne me souviens pas comment il avait découvert mon travail. Je sortais de la longue série sur le Japon. François et son associée, Brigitte, faisaient appel à des artistes pour leur collection de prêt-à-porter. Le fait qu'ils aient travaillé avec Philippe Cognée m'avait convaincu d'accepter une rencontre.

Ils étaient venus à l'atelier. Une toile les attirait plus particulièrement, Nuit Akihabara 1, composition nocturne verticale dont les deux tiers sont occupés par un rouge lumineux et profond barré d'idéogrammes japonais noirs. Mais ils n'avaient pas trouvé le fil conducteur et le projet n'avait pas eu lieu. Il faut parfois du temps pour qu'un projet mûrisse.

Douze ans après ce premier rendez-vous, n'ayant jamais cessé de suivre mon travail, François m'a recontacté pour me proposer de réaliser une collection à partir de Forêt 48.

Forêt 48 est une toile aux couleurs chaudes, faisant partie de mon ensemble des 4 saisons. Dans la série des Forêts, c'est la toile emblématique de l'automne. Plus largement, elle s'inscrit dans mon observation des phénomènes du monde, ce qui nous rattache à l'univers, et pose la question de la préservation de la nature.

C'est pourquoi elle coïncide parfaitement avec le style libre et coloré d'Artist La Marque et avec son éthique de développement durable. Pour accéder à la collection Légende d'automne, cliquez sur ce lien.

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Aquarelles

L'aquarelle est-elle une technique de dessin ou de peinture ? Du fait de son support, le papier, elle est considérée d'ordinaire comme une technique de dessin. En revanche, l'usage du pinceau et la façon de l'appliquer, en surfaces et non par le trait, la classent plutôt dans la peinture […]

L'aquarelle est-elle une technique de dessin ou de peinture ? Du fait de son support, le papier, elle est considérée d'ordinaire comme une technique de dessin. En revanche, l'usage du pinceau et la façon de l'appliquer, en surfaces et non par le trait, la classent plutôt dans la peinture.

Elle partage avec l'encre de Chine la fluidité de l'eau. On parle de peinture à l'encre pour décrire les lavis chinois ou japonais. Ne pourrait-on pas parler de peinture à l'aquarelle ?

L'aquarelle souffre parfois de certains préjugés, véhiculés par des puristes qui ne souffrent pas qu'on puisse y ajouter quelques touches de gouache. Alors que j'étais aux Beaux-Arts de Paris, un aquarelliste m'avait reproché de ne pas m'en servir correctement. En réalité, en art, il n'y a pas de règles autres que celles que l'artiste s'invente.

Quand j'étais étudiant, j'ai beaucoup pratiqué l'aquarelle, à la campagne, brossant sur le vif des paysages ou saisissant, le soir, le feu dans la cheminée. J'ai confectionné de larges palets de pâte colorée, broyant à la cuillère des pigments avec de la gomme arabique - achetée en grosses pépites de tailles inégales, que j'avais stockées dans un bocal en verre comme des bonbons d'autrefois – et une pointe de glycérine, que je coulais dans des couvercles en plastique. Je les utilise toujours aujourd'hui.

Je ne jurais que par le papier à grain torchon aux formats 26 x 36 cm ou 36 x 51 cm. J'ai réalisé plusieurs séries, Feux, Poissons, Fouinières, Églises. Un jour, lors d'une exposition dont j'assurais la permanence, quelqu'un a déposé à la porte de la galerie, en catimini, un bloc de feuilles de papier aquarelle. Je n'ai jamais su qui était cette personne. Le bloc valait cher mais le grain était satiné... Malgré mes réticences, je l'ai testé. J'ai apprécié la finesse de son grain et j'y suis resté fidèle jusqu'à aujourd'hui.

Puis la peinture acrylique s'est imposée et j'ai relégué l'aquarelle à la recherche, concurrencée bientôt par le crayon de couleur.

En 2014, privé d'atelier pendant 3 mois pour cause de travaux, j'ai redécouvert l'aquarelle. J'ai réduit la taille de mes compositions, découpant des rectangles de 13 x 16,5 cm dans de l'Arches format raisin à grain satiné. La série Nouveau Monde est le fruit de ce travail, dont certaines compositions ont ensuite fait l'objet de peinture. La série Jardins japonais, quant à elle, est un série réalisée spécifiquement à l'aquarelle.

Depuis, je ne manque pas de réaliser quelques aquarelles de chaque nouvelle série pour le plaisir que cette technique me procure. Pour voir quelques-unes de mes aquarelles, cliquez sur ce lien. Pour en découvrir davantage, contactez-moi par la messagerie.

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Crayons de couleur

Les crayons de couleur, c'est pour les enfants ! C'est souvent ce que pensent les gens de cette technique. Moi aussi, j'ai longtemps associé de façon simpliste les crayons de couleur à l'école primaire et au coloriage. Il y a environ 30 ans, […]

Les crayons de couleur, c'est pour les enfants ! C'est souvent ce que pensent les gens de cette technique. Moi aussi, j'ai longtemps associé de façon simpliste les crayons de couleur à l'école primaire et au coloriage.

Il y a environ 30 ans, Christoph, un ami, m'a offert une magnifique boite en métal rouge, ornée d'une photo du Matterhorn, contenant 80 crayons de couleur d'une marque suisse. J'étais bien embêté car je ne me servais pas du tout de crayons de couleur dans mon travail artistique. Plutôt que de les stocker à la cave, je me suis mis à en utiliser quelques-uns à la place du crayon à papier. Très vite, j'ai apprécié la mine tendre et large, plus souple que celle du crayon graphite. J'ai aussi combiné le crayon avec des fonds d'acrylique ou avec l'encre brou de noix.

La décontraction dont faisait preuve David Hockney m'a certainement encouragé à m'en servir de façon autonome. Avec la première série japonaise (2003 - 2010), les crayons de couleurs sont devenus ma technique de prédilection pour ébaucher mes compositions dans des carnets de recherches. Le nombre de teintes restreint – bien qu'important - préparait la simplification des couleurs de mes peintures. J'aime la tonicité de la mine au contact du papier, la spontanéité et la fraîcheur, contribuant à dynamiser les formes, à libérer le dessin.

Les mettant parfois en concurrence avec les feutres à alcool ou acryliques, je continue de les utiliser de façon prioritaire dans mes travaux préparatoires. Récemment, ils ont été le fer de lance la belle série des Tokyo Kids, apportant une souplesse, une sensibilité et une finesse dans le trait que je n'avais jamais exploitées auparavant. Pour en apprécier les qualités et accéder aux Tokyo Kids, cliquez vite sur ce lien.

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Printemps japonais

Quelle est la date du printemps ? Dans l'hémisphère nord, le premier jour du printemps est systématiquement le 20 mars depuis 2008 – 21 mars en 2007, 19 mars en 2044 - jour de l'équinoxe de printemps. Mais il peut être début février selon le calendrier lunaire – Setsubun au Japon par exemple. Curieusement, […]

Quelle est la date du printemps ? Dans l'hémisphère nord, le premier jour du printemps est systématiquement le 20 mars depuis 2008 – 21 mars en 2007, 19 mars en 2044 - jour de l'équinoxe de printemps. Mais il peut être début février selon le calendrier lunaire – Setsubun au Japon par exemple.

Curieusement, dans mes œuvres, j'ai plus représenté le printemps des villes que le printemps des champs ou des forêts, sans doute parce que mes vues urbaines sont japonaises.

En forêt, le printemps est discret. Les perspectives labyrinthiques structurées par les troncs et les branches dénudées se bouchent progressivement, embuées de jeunes pousses d'un vert tendre. Des vagues de fleurs bleu pâle ou blanc recouvrent le rouge sombre des tapis de feuilles en décomposition. Forêt 47 en est la quintessence.

Au Japon, le printemps se traduit par une expansion chromatique intense. On connaît surtout hanami, la fête traditionnelle des cerisiers – sakura – en fleurs, au cours de laquelle des milliers de spectateurs ébahis déjeunent sous une pluie de pétales blanc-rose.

Mais il existe bien d'autres fleurs faisant l'objet de pèlerinages et de dévotion : les tunnels de glycines de Kita-Kyushu, les océans d'azalées du parc impérial de Tokyo, les rivières d'iris, les pivoines sous leur parasol de papier.

Le contraste est saisissant entre l'environnement urbain, d'une froideur géométrique, minérale ou métallique, et les lignes ondulantes des massifs vermillon d'azalées ou la beauté fragile des cerisiers.

Au pays du monde flottant et de l'impermanence, le printemps s'enfuit, d'ouest en est au rythme du calendrier des floraisons. Seule la peinture peut lui conserver son éclat. Cliquez vite sur le lien pour retrouver l'éternel printemps japonais !

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Portrait ou paysage

Êtes-vous plutôt portrait ou paysage ? La question est ambiguë. L'opposition portrait/paysage provient de l'informatique et décrit l'orientation verticale ou horizontale d'une impression numérique.
En peinture, portrait et paysage sont des genres dont […]

Êtes-vous plutôt portrait ou paysage ? La question est ambiguë. L'opposition portrait/paysage provient de l'informatique et décrit l'orientation verticale ou horizontale d'une impression numérique – l'équivalent de la reliure à la française ou à l'italienne en édition.

En peinture, portrait et paysage sont des genres dont la hiérarchie a évolué au fil du temps, mais aussi des formats de châssis : portrait (figure F) et paysage (P) – complétés par le format marine (M) – indiquent non pas une orientation mais un rapport de dimensions entre la longueur et la largeur. On peut donc peindre un paysage horizontal sur un châssis de format F, ou un portrait sur un format P placé verticalement...

J'ai toujours préféré le format F au format P, et encore plus au format M que je considère comme trop allongé. En ce qui concerne l'orientation, j'ai délaissé progressivement la verticalité pour l'horizontalité.

Est-ce à cause des sujets ? Dans mes séries japonaises, les formats verticaux font jeu égal avec les horizontaux et s'imposent notamment dans la représentation de personnages. Récemment, j'ai choisi la verticalité pour les Tokyo Kids mais leur assemblage en diptyques bascule dans l'horizontalité.

Dans les séries de montagnes ou de forêts, il n'y a plus que des formats horizontaux. Quand je prends des photos, je cadre majoritairement à l'horizontale dans un rapport 4/3 plutôt que 16/9. Quand je fais une photo verticale, je ne m'en sers jamais pour faire une peinture. La quête d'épure passe certainement par l'affirmation de décisions radicales et l'élimination d'options superflues.

Dans le commerce, il existe aussi des formats de châssis carrés mais je ne goûte guère cet équilibre hauteur = largeur. Néanmoins, j'ai réalisé quelques forêts dans ce format. Curieusement, ce sont plus des portraits d'arbres (voir Forêt 38 par exemple) que des espaces. Il semblerait donc que le format et l'orientation ont une incidence profonde sur le sujet ou sont choisis en fonction de celui-ci.

Que dire alors du format carré privilégié par les réseaux sociaux ? De toute évidence, il dénature les œuvres originales tout en facilitant leur diffusion. Le mieux, en tout état de cause, est de vous rendre sur la page des œuvres afin de les contempler dans leur intégralité !

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